UN critique récupère les déchets de la sensibilité première ; il se penche sur ces choses rejetées par des spectateurs, ou par lui-même, il s’interroge sur les objets de répulsion, de polémique, sur les monstres.
Les “monstres” sont dans certaines régions ces choses et meubles abandonnés par leurs propriétaires parce qu’usés, hors d’usage ou incommodes, sur les trottoirs.
Certains individus, qui se définissent comme “faisant les poubelles”, savent repérer dans ces fatras, dans ces amas de choses plus ou moins informes et sales, des trouvailles.
Un critique ne peut pas travailler sur des objets qui “marchent” bien,
sur des objets utiles, pratiques, voire dans l’air du temps.
Sans cesse, il lui faut s’interroger sur le rejet, sur l’allergie, sur le refus, ou sur le déni que certaines oeuvres rencontrent. Avoir l’oeil, c’est ça.
De toute façon, l’amour et la haine (dont la peur) sont les versants respectivement éclairés et obscurs d’un même mouvement, celui du désir.
Jadis et présent,
sont unis dans le tourbillon du temps, au centre l’oeil du cyclone Désir. De là, cette habitude de classer les objets d’art en catégories (les académiques, les antiques, les classiques, les modernes, les nouveaux, les avant-gardes, les branchés, les éphémères, les à la mode, les refusés… ) paraît un peu fastidieuse. Je cherche ailleurs.
