Publié par : mari mai corbel | août 1, 2009

Ce que la loi sur la burqa nous voile… la débandade.

LA DÉBANDADE !

 

     Un article de Farhad Khosrokhavar paru au Monde d’aujourd’hui (le 31 juillet 09, sur le net) nous explique que la loi sur la Burqa, ce n’est pas malin. Parce que tactiquement, cela profite aux fondamentalistes et que les femmes modernes qui souhaitent vivre voilées dans les rues et les espaces publics sont ainsi prises en étau, acculées à se durcir… Sans entrer dans les subtilités du compromis  qu’il faudrait faire avec ces femmes qui de leur propre chef, n’est-ce pas, se font un malin plaisir d’afficher leur foi pour le simple plaisir d’en jouir non stop, j’aimerais rappeler que ces débats oiseux nous voilent surtout la désérotisation de l’espace urbain et la progressive mise à l’index des femmes  séductrices. Je me sens ici de rappeler que si les images publicitaires et médiatiques peuvent donner l’impression que nous vivons en Europe de façon décomplexée et échangiste, la réalité me semble en complet décalage.

     Pour poste d’observation, je prendrais la plage de La Baule dont je suis une habituée, depuis les années 80, mes parents ayant déménagé là-bas alors. Une plage, de tradition familiale étant donné que les vacances en Bretagne sud attire ce genre de clientèle et qu’aussi, la station balnéaire est un haut lieu de la bourgeoisie parisienne et nantaise. À ce titre, elle recevait la jeunesse dorée, qui faisait marcher  bars et boîtes où il était de bon ton d’apparaître sexy. Une jeunesse par certains côtés puante, mais pas d’autres, affolée et affolante. Or, cette plage dite la plus belle d’Europe, était couramment peuplée de créatures aux seins nus, vestales aguicheuses, corps longs de jeunes femmes débraillées, parfois si peu vêtues qu’un stiing seul leur chatouillait la raie des fesses. Autour d’elles la marmaille gambadait en tenue d’Adam et d’Eve. C’était à la fois une érotique et une éthique (le soleil et le vent sur la peau). Les femmes cherchant sans doute  à bronzer sans attraper ces ridicules marques des sous-vêtements… En tout cas, c’est ainsi que je l’ai pratiqué, moins exhibitionniste que soucieuse d’offrir à mon amant, un corps exempt de tout ce qui pourrait rappeler l’emprise du social et de la pudeur civique. Un corps libre. Un corps pour la passion, pour le désir, pour la romance, un corps extrait du monde, pouvant sentir et exulter à sa guise, sans angoisse de la limite moraliste. Il m’est en effet apparue tôt dans ma vie que je ne pourrais jouir  avec pudeur ! – Et pourquoi pas demander à un homme d’éjaculer avec mesure ! ! Je ne vois vraiment pas comment l’humain peut prétendre jouir sans passer par le goût avoué pour sa propre obscénité – enfin, ce que certains appellent obscénité, histoire de condamner ce qui n’est que l’exposition brute des désirs et des manifestations de la chair, les plus contradictoires avec  l’image que l’on se fait de l’homme maître de lui-même, et décent jusqu’à la selle.  L’histoire de condamner, c’est aussi l’histoire de l’oppression, car qui découvre son plaisir dans la liberté farouche de jouir coûte que coûte prend la mesure de toute la stupidité de ces débats sur l’obscénité, le porno et le reste, et comprend surtout que ce qu’il a conquis c’est sa liberté critique. On me dira que tout de même, cela se saurait si les jouisseurs connaissaient la révolte… Mais je rétorquerais, que l’imitation dans le domaine de l’obscène est difficile à différencier de l’engagement individuel dans la chair, ainsi en va le porno, et que le secret le mieux gardé par chacun est quant à savoir ce dont il jouit et selon quelle intensité. Peu de livres ou de témoignages existent, en ce domaine, qui soient dignes d’intérêt, sans parler de la difficulté même entre gens sensibles à ces questions, à nommer ces phénomènes, en raison de leur extraordinaire. J’ai tout lieu de penser ainsi que sur la question de l’extase individuelle, la frime a la partie facile. Ça jouit sans doute bien un peu, mais pas tant – et ça se repaie en faisait comme si ça savait, mais que nenni, la honte sue. Il n’y a qu’à voir les mines réjouies des gens, ça fait peur, pour pressentir le désastre sexuel qui ronge de façon inavouable les petites vies des uns et des autres ! Mais chut ! ça ne se dit pas ! c’est mal ! les enfants pourraient entendre et comprendre le néant auquel leurs parents les destinent. On sent que l’oppression ici frappe la femme intimement, là où elle peut être  elle-même, face à elle-même, exposée. C’est ce qu’on lui refuse, afin de la maintenir sous pression, dans sa mélancolie congénitale, toujours bonne à servir, afin qu’elle montre l’exemple aux fillettes et en donnent de la graine aux minots. Ne se réalisant que par procuration à travers “ses” hommes. On voit le danger du ressentiment couvant dans de telles maisonnées… Les seins nus sur la plage, cela sous-entendait surtout cela a contrario – la liberté critique de chercher à jouir en faisant l’amour, plus que cela  ne transforma jamais la plage en baisodrome ! Les jeunes mères et les jeunes pères tenant à assumer leur statut érotique, auprès de leurs enfants, et à ne pas passer pour leurs bonnes (d’enfant…)

      Eh bien, c’est terminé. Il y a peut-être six ou sept ans, d’un coup, les diablesses ont renfilé leur haut, et rhabillé les derrières des petits, tandis que les jeunes filles plates encore comme des limandes se sont fait un plaisir d’imiter maman, avec le soutien gorge absurde pour elles. Puis, dans les boîtes comme un désert ou un manque de goût, comme une fête mécanique, vaine, et encore ailleurs, entre les gens en vacances comme une ambiance bizarre… De la surveillance du coin de l’oeil à l’indifférence absolue… Bref, l’époque virait lentement mais sûrement, à un conservatisme bon teint dégoulinant de moralisme à la petite semaine, le tout sur fond de gazouillis d’enfants… Le tout sur un ton nian-nian. Tu voudrais pas une petite glace mon chéri ? Où t’as mis les clés ? etc. De ces voix de faussets qui cachent pas mal de pensées. Les dos raides et les sourires de plus en plus opaques.

    On nous explique aujourd’hui pour nous faire tolérer le port du voile par des femmes fidèles à la foi coranique, que loin de diminuer l’érotisme ou de l’interdire, le morceau de tissu en fait excite. C’est exotique, oriental, on n’y comprendrait rien, ce serait un truc de famille. Le caché exciterait. Un peu comme la coiffe de dentelle raide de mon arrière-grande-mère. Je vois. Si je mettais ça, j’aurais sans doute un grand succès sexuel. Bref. Je vois surtout qu’on nous cache que la raison n’a rien à voir avec l’érotique, que les frères abusent les femmes sur leurs véritables intentions, et qu’on est très loin de considérer ces gamines à la chatte morne comme des égales. Il n’y a qu’à voir une pauvresse dans le métro accompagné de son patibulaire époux, s’agacer à fourrer des cheveux récalcitrants sous un fichu marron, pour sentir le peu d’érotisme en question. Certains fichus, à paillettes, puent plus encore le désespoir. Il n’y a qu’à, pour en finir avec ces pauvrettes qui se croient libres, de jeter un oeil sur le regard que LEUR mâle leur porte pour comprendre de quoi il s’agit. Cause toujours, t’es ma chose à moi. Mais les femmes de moins en moins critiques donc de plus en plus hallucinées par le sexe mâle, se montrent prêtes à tout, pour plaire. Jusqu’où leur mensonge ira, ça ne me regarde qu’assez peu, mais une chose est sûre on est là devant un mensonge qu’on se fait autant à soi qu’aux autres, et dont on demande aux autres de nous garantir qu’il n’est pas un mensonge…. Stupides contorsions psychologiques, méandres passionnelles qui voilent l’amour exclusif de l’homme pour l’homme, rivé à ce sexe durci la nuit, selon son bon plaisir.  Pour y avoir droit en tout honneur, il faut que l’homme ne les insultât pas de traînées. Ainsi de très jeunes filles, vues sur une plage à Antibes (quant à elle, dénuée aussi de tout sex appeal, en pleine côté d’azur !) ou encore à La Baule, fièrement vêtues d’une jupette par-dessus leurs maillot, jupette qu’elles enfilent pour faire le trajet limité de la serviette de bain au bord de l’eau. Soit entre dix et vingt mètres. Stupéfaite, je montrais cela à un ami qui m’expliqua : des musulmanes, elles ne montrent pas leur cul. L’hypocrisie battant son plein, étant donné que la jupette couvre à peine la rondeur de la fesse, un peu comme ces nippes de tenniswomen des années 80. Alors là je m’y perds ! Mais l’ami m’assure que c’est excitant, c’est un nouvel érotisme, sous prétexte qu’on devinerait dessous. Ah bon ? Alors la burqa serait le summum de l’érotisme car tout serait à deviner ? Il y aurait des courtisanes en burqua comme dans les maisons closes d’antan des femmes en infirmière ? Mais je croyais que ce qu’on voulait, c’était désamorcer un commerce de ce genre chez la femme le portant. Je m’y perds vraiment !  Mais moi je ne vois toujours chez ces jeunes femmes aux maillots couvrants, que des thons ! de la viande exposée au soleil en toute hypocrisie ! 

     Eh bien, contre ces caprices de fillettes  à la pudeur déplacée (sur une plage d’été !),  moi je dis que les parties moulées dans un jean chez un homme sont appétissantes à tout coup, alors que quand ce monsieur porte une soutane ou une robe, comme l’on le voit aussi chez certains hommes pieux de la foi coranique, ça me la coupe direct. J’ose dire que je préfère un homme en string qu’un homme en bermuda Adidas sous le genou. Mon coeur battra autrement, devant cette impudence-là, qui est une invitation aussi. J’aime les êtres offerts. Rien ne me refroidit plus qu’un homme fermé, qui dénie son propre érotisme et par là même me soupçonne d’être déplacée. Or les hommes aujourd’hui, sont uniformément enlaidis et d’un commun accord semble-t-il. Excepté quelques adolescents qui tiennent à leur chevelure mordicus, la plupart sont tout simplement mutilés de la tête et du cul. Sur cette plage donc que je connais de longue date donc, les pauvres types, plus ils sont jeunots, désormais, plus ils sont  couverts, de ces bermudas ridicules, trop vastes comme s’ils étaient des petits garçons qui avaient enfilé le short de papa et qui n’osaient pas regarder maman, tant ils ont honte de leur sexe, de leurs éjaculations nocturnes quotidiennes et de leur obsession sexuelle. Un secret de polichinelle en passe de se commuer en secret tout court. Sans compter leur style vestimentaire, jean-foutiste. Nous allons à la va comme je te pousse, moches, car ce qui compte  chez nous qui sommes n’est-ce pas des gens très profonds, c’est la pensée, le sentiment, et l’amour. Plus tard, nous chérirons nos marmots, et madame qui les aura pondu, semblent-ils dire. Mais je suis néanmoins légèrement dubitative, quand je vois parmi eux les nouveaux pères, se dévisser en m’apercevant à l’horizon,  moi qui maintient la tradition des femmes insolentes et sauvages, petits seins au grand air…  Je peux le jurer, ces regards qu’on me lance sont affamés et presque en rage ! quels regards ! La faim avide les dévore et la haine de leur propre faim les cloue sur place, et au-delà, la surprise les laisse pantelant. Quoi ? Il existe encore un être humain sur cette plage qui défie la convention ? Car je n’ai rencontré en quinze jours, qu’une de mes pareilles… Les femmes âgées me sourient, complices, oui, ça leur rappelle le bon vieux temps. Les fillettes me regardent ahuries, comme découvrant en même temps la liberté pour la première fois ; enfin,  les hommes, à la dérobée, toujours, de tout âge. Toute morale au panier en un éclair. Hum, je ne ferais pas confiance à ce genre de lascar… C’est à crever de rire mais c’est triste aussi, car ils en sont certainement à mettre bonbonne du côté des saintes et à baver pour les séductrices qu’ils auront tout loisir, leur affaire faite, de traiter de “putes”. On sent là les vieux schémas bourgeois usés à la corde et pourtant, qui tiennent encore. On sent aussi toute la lourdeur d’une moralité sociale qui ne tient qu’à un mensonge collectif, dont chacun pour soi, en clandestinité, chacun sera le premier à se désolidariser. On sent l’interdit mastoc, contre la passion et l’érotisme, comme une haine  aussi du corps, de sa petite fierté, de son côté chien nez au vent ! Voilà, toute la faim des pères de famille, devant mes appâts pourtant bien modestes…

   Mais quittons ces rivages maussades, pour l’hiver parisien à venir, où là non plus… Oui l’érotisme urbain ne va pas fort, excepté certain quartier du Marais, mais côté masculin seulement. Oh certes, Paris est vaste, et les créatures existent encore, encore heureux ! Mais là encore, souvenons nous de l’apparition de cette mode grotesque des robes enfilées sur les jeans, alors qu’un bon collant tient tout aussi chaud ! et quand vient l’été, le jean est toujours là sous la robe… de plus en plus incongru. Plus vient la grande chaleur et l’on voit de ces fifilles avec leurs minijupes en talons plats portant un corsaire noir jusqu’aux mollets. Suant tout ce qu’elles peuvent pour supporter ce doublage de leurs gambettes.  C’est-à-dire, avançant un bout d’elles-mêmes pour dire “je suis femme désirante” et reculant de tout leur corps devant la peur tremblante d’exposer ce désir d’être désirées. Ce qui se répercute à l’autre bout de la chaîne, côté mâle, en un mépris des femmes pour leurs tenues libérées, quand elles osent, immédiatement rangées dans la catégorie des petites vertus. Celles-là, il peut leur arriver…. “Elles l’ont bien cherché” dira–t-on ensuite (des femmes abusées). Bref, tout ça pour dire que la modernité recule à grande vitesse, et qu’un intellectuel musulman puisse sans trouble suggérer que des femmes tout à fait modernes parce qu’elles font des études peuvent aussi s’accoutrer selon les prescriptions de leur dogme, me paraît de mauvais augure. Mais comment donc, est-ce que la modernité consiste à autoriser que les femmes étudient et travaillent ??? Choisissent librement leur époux ? Mais monsieur  Farhad Khosrokhavar, non, d’abord la modernité commence par dire que dieu qu’il existe ou pas, je m’en contrefous. Moderne, je n’ai besoin de personne pour inventer ma vie et me comporter, aimer et répondre de mes actes, qu’aucune prière ne rachètera à bon compte, d’une manière sensible, délicate et toujours remise sur le métier à penser. Non monsieur, si je suis moderne c’est que j’interdis à quiconque de me dire comment je dois faire l’amour, avec qui et où, et quand. Non monsieur, faire des études et penser n’est interdit à la femme qu’en régime totalitaire, mais l’autoriser est tout à fait normal. Cela n’a rien de moderne. C’est juste dû. La modernité c’est dans les rapports de désir, justement, que ça se passe. Ainsi, porter un voile et diriger une entreprise n’a rien de moderne. C’est peut-être moderniste sous l’emprise de la rationalisation étriquée qui se mène au nom de la modernisation, mais la modernité, être moderne, ce n’est pas ça. Que la femme se nie jusqu’à devenir un homme parmi les pires et les plus rationalisateurs, parmi ceux qui nient le désir justement, les hommes de pouvoir et de commerce, ce n’est que des plus logiques. Ainsi citez vous les flics anglaises qui ont la grande chance de poursuivre le Mal en portant le voile. Quelle modernité voyez-vous là ? Une haine du mal porte tout naturellement dans les camps de l’ordre… Il y a une logique du système de la négation du désir qui est bien loin de développer la modernité, soit l’autonomie de chacun pour se comporter, et qui est bien plus près d’un maternage sécuritaire et punitif. Les femmes savent très bien réprimander, c’est leur affaire, paraît-il. C’est ce à quoi les hommes les ont délégué, n’ayant pas trop le goût de jouer les garde-chiourmes, eux-mêmes. Il est vrai que ce n’est pas super bandant d’être un chien de garde. Or les hommes, eux, certains du moins, ont une tradition qui leur permet de jalousement protéger leurs bandes, leur complicité, leur endroit de bandaison. Leur petite affaire privée. Bas les pattes, les bonnes femmes !

         L’érotique conquise de haute main pour devenir populaire dans les années 60 a pris un coup dans l’aile, et qu’aujourd’hui, des gens qu’on pourrait croire censés (parmi les amis des poètes !) en sont à Meetic, incapables qu’ils sont de se rencontrer ou de créer des lieux de rencontre. Toute honte bue, même eux, alors on peut penser que le restant de la société, ça doit être pire… Enfin, peut-être est-ce pareil… Moi j’aurais honte de ne pas trouver mes proies seule et d’être obligée d’aller faire mon marché sur un site de rencontre. Oui, j’aurais super honte, et puis je serais triste. Je me vois raconter cette rencontre : “Oui le tant j’ai reçu un message mail, et on s’est donné rdv…” comme des milliers le même jour. J’en mouille d’avance ! ! Je préfère ramer nuit après nuit, dans des lieux de perdition de plus en plus morts et sécurisés, que de faire ça. Plutôt mourir seule qu’à ce compte-là. À ce sujet, la nuit parisienne est bien morte, et, m’y promenant depuis quinze ans, je peux témoigner de situations loufoques. Par exemple, une idiote au fumoir du Queen, qui pleure parce que son mec ne veut pas marier. Dans l’ancien temps, cette tarte ne serait pas rentrée en ce haut lieu de la branchitude, à cause de son anti-look : un jean et un tee shirt blanc. Comme quoi la sélection de Sandrine avait au moins quelque chose de bon : faire de la fantaisie et de l’érotique vestimentaire une condition sine qua non pour entrer dans ces caves du vice. Désormais, ce sont des salles de mariage d’un ennui mortel. La baise y a lieu mais pas sur place. Et cela fait bien longtemps que je ne suis pas rentrée avec un garçon pour parler du monde à tort et à travers, en plus de faire l’amour en tous sens, non sans jeu. Ni passion, ni discussions endiablées contre ce monde pourri qui nous contraint à vivre en noctambules, qui nous pousse à la provocation…  

     Bref, le danger n’est pas la dépravation des bonnes filles, et l’injustice que des filles douées pour les études n’aient pas l’argent d’aller vivre au Canada ou aux States où elles pourraient se déguiser comme bon leur semble… Ainsi que Farhad Khosrokhavar l’argumente dans son article, mais bien cette manière qui ne lui est pas propre, il est vrai, de rationaliser le désir. Il ne m’appartient pas penser le rapport à leurs chiffons de certaines femmes de foi musulmane, mais il m’appartient de défendre la lutte ici de mes grands-mères menées difficilement pour que j’ai le droit de prendre la pilule, de sentir le vent sur ma poitrine, et d’avorter après huit semaines. Que ma fille si j’en ai une ait le droit de coucher avec qui elle veut en dehors de toute perspective maritale, juste pour voir, sans rien avoir à expliquer à quiconque et que mon fils si j’en ai un ne grandisse pas dans la haine et le dégoût de son sexe éjaculatoire et difficilement maîtrisable.Qu’ils n’aient pas à reprendre les luttes de leurs arrières arrières grands parents contre les culs bénis et les pères la morale. Il m’importe de faire entendre que ce combat-là est bien en danger, tant personne ne le défend plus aujourd’hui, tant cette histoire de respect de la croyance d’autrui commence par ne pas respecter le libre désir exhibitionniste de d’autres. Moi monsieur  Farhad Khosrokhavar, j’aime être matée, ça me fait mouiller, et j’aime ça. Et si ça vous met mal à l’aise que je le dise, ce n’est pas mon problème mais le votre. Moi monsieur, ce qui me fait le plus mal dans ce que vous dites, c’est vos manières sinueuses, de dire que pour défendre la modernité, il faut défendre les femmes qui s’enferment dans des standards religieux. Moi, monsieur  Farhad Khosrokhavar, j’aimerais vous dire que de mon point de vue, le but de la vie n’est pas de réussir des études et de faire une famille nombreuse, mais bien de demeurer au plus près de mon intime, de ce qui me fait vibrer, de mon sensible, de mon coeur. Car moi monsieur je ne considère pas le sexe comme une affaire hygiénique ou familiale de reproduction, mais comme un sujet de l’amour et du désir. Et considérant ma tombe à venir, je trouve bien plus passionnant d’explorer ces questions en toute liberté, que de me faire chier à prouver que je ne suis pas une pute sous prétexte que j’aime faire peur aux garçons… et qu’il y a encore des hommes pour aimer avoir un coup au coeur ! Ce qui veut dire que de mon point de vue, l’affaire de se voiler la face débouche sur une lapalissade  : certains ont des choses à se reprocher et le cache ou encore : faute d’avoir le courage d’être un humain ou une humaine, on se contorsionne pour faire passer au compte de la moralité, la trouille de faire face au désir ! Car le fond de l’affaire c’est ça. C’est cette manière d’avoir les foies parce que femme, vous vous montrez femme, ou homme, vous vous montrez homme. Être de désir, à visage découvert. Plus : découvert, exposé, nu, le désir exulte et la jouissance rend enfin la vie jouissive. De mon point de vue encore une fois, c’est vraiment comique de méditer sur le spectacle de doctes gens qui pérorent sur la manière de porter un masque et de ne pas jouir sinon en cachette aux chiottes. Masquer le masque, le cacher, le porter un jour sur deux ? Moi,  monsieur  Farhad Khosrokhavar, j’ai fait tomber le masque il y a bien longtemps, et que cela vous donne furieusement envie d’arracher le vôtre (de savoir que certains vivent heureux sans), ce qui vous met dans un conflit de serpent qui se mord la queue et d’auteurs qui expliquent comment faire pour ne pas faire, ce n’est vraiment pas mon problème. À bon entendeur, salut !



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