Fukushima News – le nucléaire c’est quoi

[Lien ici vers le réseau sortir du nucléaire, qui va vers une infographie nous répétant ce qu'il est si difficile à comprendre : pourquoi le nucléaire puisque s'il produit 75% de notre électricité, il ne couvre que 17% de nos besoin énergétique. Investir pour économiser coûte dix fois moins cher que dépenser...]

La menace nucléaire atteint des sommets (source : mail du réseau anti-nucléaire)

  • PLAN  des documents joints =>
  • Les Français ne seraient plus concernés par Fukushima ?

Outre le fait que c’est loin d’être fini au Japon, une cargaison de thé radioactif provenant du Japon a été interceptée dans un aéroport français. Mais quand UNE cargaison est interceptée, combien ne le sont pas ? Et il n’y a pas que le thé…
(DOC 1 « ” Il faut protéger travailleurs et consommateurs de la radioactivité” »)
(DOC 2 « “LES MARCHANDISES DE LA MORT” »)

  • Le nucléaire menace de partout et plus que jamais

JAPON : les cuves qui se sont percées ne retiennent plus les cœurs fondus des trois réacteurs de la centrale de Fukushima. Ces coriums rongent maintenant les 7 mètres de béton qui restent sous les réacteurs, et lorsqu’ils atteindront la nappe phréatique située 15 mètres en dessous, les 600 tonnes de combustible nucléaire seront dispersées dans l’atmosphère, et dans l’océan.
USA : incendies et inondations menacent gravement, en ce moment, trois sites nucléaires. Et les fuites radioactives sont légion dans les centrales (tuyaux rouillés…).
FRANCE : dans le pays le plus nucléarisé au monde par habitant, les sites nucléaires ne sont évidemment pas plus sûrs qu’ailleurs. Inquiétante attitude de l’exploitant qui pense beaucoup aux bénéfices financiers et pas tant que cela à la sécurité : sous-traitance banalisée avec des employés précaires venant même de l’étranger, syndicats qui remontent de plus en plus l’inquiétude des salariés face à l’accélération des cadences et la multiplication des incidents… Tous se rendent bien compte que l’insécurité des installations est, plus que jamais, préoccupante.
(DOC 3 « Tout baigne à Fort Calhoun, y a pas le feu à Los Alamos »)
(DOC 4 « La politique de l’autruche »)
(DOC 5 : Déchets spatiaux : une pollution industrielle d’un nouveau genre »)
(DOC 6 : Nucléaire : Un ancien technicien d’Areva dénonce le manque de sécurité à la Hague »)

  • Ça craint pour les Français !

L’analyse critique du plan de surveillance et des informations diffusées par les services officiels français montre que l’omerta est toujours de mise en France.
Pratique courante des mafias nucléaires : c’est la même chose au Japon en ce moment.
(DOC 7 « Lettre de la CRIIRAD du 9 juin 2011 au Premier Ministre »)

  • La France doit se désintoxiquer de 40 années de propagande

Nicolas Sarkozy, Eric Besson, et autres personnages à la solde du lobby radioactif, brandissent la menace du coût de la sortie du nucléaire, alors même que personne n’est capable de donner le véritable coût du nucléaire. La Cour des Comptes va d’ailleurs tenter de l’estimer. Tâche très ardue tant le nucléaire est incontrôlable…
Ce qui est d’ores et déjà certain, c’est que le coût du kWh électronucléaire est actuellement extrêmement sous évalué :
  - Personne n’a encore su démanteler une centrale nucléaire. Brennilis et Chooz en sont de sacrés exemples ! Et le coût de ces échecs qui flambe…
  - Pour l’enfouissement des déchets à Bure on est passé d’une estimation de 10 milliards d’euros à maintenant au moins 35 milliards, rien que pour creuser des galeries sous terre et y cacher les déchets ! Mauvaise idée, même pas viable, étant donné la durée de dangerosité des déchets et la plus que probable inondation et effondrement des galeries qui renverront à l’empoisonneur sa mortelle radioactivité.
  - La réalisation des réacteurs est également un gouffre financier (l’EPR vendu à 3,3 milliards à la Finlande est en train d’approcher les 7 milliards, et ce n’est sans doute pas fini !).
  - Sans compter que le coût de toute la recherche et du développement du nucléaire n’apparaissent même pas dans le prix officiel du kWh puisqu’il est directement financé par les contribuables.
(DOC 8 « ” Jeremy Rifkin : « Le nucléaire est mort » “ »)
(DOC 9 « ” Le nucléaire est l’un des plus grands fléaux du XXIe siècle “ »


DOC 1 Il faut protéger travailleurs et consommateurs de la radioactivité
Mardi 7 juin 2011 – Source : Union syndicale Solidaires
La population française a de la chance : on nous disait que le nuage de Tchernobyl s’était arrêté à nos frontières, on nous dit maintenant que les produits radioactifs envoyés du Japon ne franchissent pas nos frontières. La Russie, qui a renforcé les contrôles de radioactivité, n’a pas cette chance : à cause de traces de radioactivité (2,4 fois la norme) elle a dû refuser des pièces de rechange pour automobiles arrivant sur l’île de Sakhaline (Extrême-Orient russe) et 59 véhicules ayant un niveau de radioactivité dépassant de 2 à 6 fois la norme. Par précaution, elle a interdit les aliments provenant de plusieurs régions japonaises.
Le gouvernement a tellement confiance dans le respect de ses frontières, qu’il a fallu attendre 2 mois pour que la direction des douanes, interpellée notamment par Solidaires Douanes, diffuse une note sur les contrôles : sondage dans 1 à 3% des conteneurs, éventuellement port de gants en textile lors des opérations et au grand maximum tenue complète en textile… alors que l’ASN et l’IRSN pointent le risque d’inhalation de particules par les personnels lors des contrôles !
Mais comment contrôler sans matériel adéquat ?

Solidaires Douanes a exigé ces matériels. Le port du Havre, qui reçoit 20 000 conteneurs provenant du Japon par an, dispose de détecteurs de radioactivité manuels, ainsi que Marseille mais toujours pas Roissy, l’un des tout premiers aéroports internationaux… Résultat : quand ils n’ignorent pas ce qu’ils manipulent, les fonctionnaires ne disposent pas du matériel de protection adéquat. Quant à la formation...
Les consommateurs peuvent avoir peur

L’éventualité d’une radioactivité devrait imposer un contrôle systématique et sérieux des marchandises, ce qui n’est pas le cas. Seules les denrées alimentaires font l’objet de contrôles systématiques… mais seulement sur le papier car, à Roissy par exemple, seuls 10 % des flux sont réellement contrôlés, par manque de personnels notamment. Cette situation, qui risque de durer plusieurs longues années, imposerait de maintenir très longtemps cette surveillance et de ne pas céder à un relâchement au fil du temps.
Pire, les produits radioactifs peuvent entrer par n’importe quelle frontière européenne puis circuler librement en Europe. Au port d’Anvers et de Rotterdam, par exemple, la douane ne contrôle pas les produits qui ne restent pas en Belgique ou aux Pays Bas. Une entreprise dont les marchandises seraient bloquées au Havre pourra les faire passer en entrant ailleurs.
Solidaires demande avec force une protection des travailleurs et des consommateurs :
- Pour les fonctionnaires concernés (douane, services vétérinaires, DGCCRF…), des moyens et des formations
à hauteur des enjeux. Certes des CHS ont été saisis du problème, mais pour l’heure sans grand résultat.
Solidaires Douanes a demandé à la CRIIRAD d’intervenir et a alerté les autorités de tutelle, notamment le
ministère.
- Pour les salarié-e-s devant entrer en contact avec des marchandises japonaises (dockers, transporteurs, manutentionnaires…). Ils devraient disposer de toutes les garanties d’innocuité. Ce n’est pas le cas : Renault fait ainsi examiner tous ses approvisionnements japonais par voie maritime, mais pas ceux arrivant par voie aérienne, se reposant sur les contrôles systématiques de la douane… qui n’existent pas !
- Pour les consommateurs, Solidaires demande un contrôle systématique et complet à toutes les frontières de l’Europe, quelle que soit la destination des produits.

DOC 2 LES MARCHANDISES DE LA MORT
Lundi 6 juin 2011 – Communiqué – Solidaires Douanes
Il y a quelques temps notre organisation (ainsi que la CGT) appelait l’attention sur le gazage des conteneurs, à l’aide de substances chimiques relevant des CMR (Cancérigènes – Mutagènes – Reprotoxiques), avec tous les risques que ceci fait peser sur toutes les personnes, agents des Douanes et autres (manutentionnaires, chauffeurs, …) impliquées dans la chaine logistique. Sans compter le consommateur final…

Ces alertes, pourtant relayées depuis longtemps dans les pays d’Europe du Nord (Pays-Bas, Allemagne, …) sont tombées, à peu d’exception près, dans un silence de cathédrale (crainte d’un requiem ?). Il est vrai que les intérêts en jeu sont énormes. Valent-ils quelques vies et un problème de santé publique ?
A ce jour, nous voyons s’écrire un nouveau chapitre de cette circulation des marchandises totalement débridée et en dehors des formes les plus fondamentales de régulation et de protection. En effet, suite à l’accident nucléaire japonais, les premières constatations portant sur des taux de radioactivité supérieures aux normes ont été effectuées. La chose se passe dans un silence relatif comme si le danger devait devenir une retombée inévitable du commerce mondial.
On évoque des déploiements de gants de protection, afin notamment de faire face aux poussières qui pourraient être radioactives. Mais pas de masques alors que l’IRSN pointe en premier lieu le risque d’inhalation. Peut on croire vraiment qu’il s’agit là de mesures suffisantes ? On peut avoir quelques interrogations et, d’emblée, regretter l’absence de moyens de détection dignes de ce nom.
Entendons-nous bien : il ne s’agit nullement de manier des peurs profondes ou de vouloir ériger des murailles derrière lesquelles la « vieille Europe » se retrancherait. De même, il ne s’agit bien évidemment pas d’accabler le pauvre Japon ou tout autre pays à risque (rappelons à ce sujet que la France est le pays le plus nucléarisé du monde …) ou de surfer sur des risques bien réels, pour obtenir des avancées pour une profession ou une autre. Il s’agit simplement d’appliquer le principe de précaution et les obligations des administrations d’État en matière de protection des agent-e-s. D’autant plus que le coût financier de l’achat de matériels de protection des agent-e-s des douanes pendant un an est faible. D’après nos calculs, cela représenterait moins de deux millions d’euros pour l’ensemble du territoire national !
A notre sens, cette affaire met encore une fois en lumière la suprématie sans partage de la notion de commerce dans son sens libéral le plus poussé. Même des risques graves (et le risque nucléaire est le premier) semblent être insuffisants pour que l’on se pose la question de la finalité des échanges commerciaux par rapport au bien-être et à la sécurité des populations. Nous ne contestons pas la notion même de commerce mondial. Mais nous demandons que les mots de « régulation » et de « protection » lui soient impérativement et étroitement associés.
Petit exemple extrême : s’il prenait l’envie à la société TEPCO de commercialiser des matériaux irradiés, nos outils ne permettraient plus de cibler les flux concernés. Rassurant, non ?
Même si cette actualité est dominée par l’accident de Fukushima, il ne faut pas oublier que l’on constate dans divers vecteurs (fret exprès notamment) des milliers d’échanges par an portant sur des substances radioactives. Quelles protections ? Quels prévention des risques ? Un grand silence règne, spécifiquement en France. Alors que la Russie bloque à ses frontières des pièces auto et autres pneus radioactifs. Et que les grands ports européens (Rotterdam, Anvers) disposent de portails de mesure spécifiques. La France dispose bien de scanners mobiles malheureusement ils ne mesurent pas, eux, la radioactivité. C’était sans doute trop cher ! Ballot….

Qu’on se rassure néanmoins, les autorités veillent au grain. Alertée il y a deux semaines par Solidaires, Nathalie Kosciusko Morizet, la ministre de l’écologie, estime qu’il n’y a pas de problème. Aucune détection de radioactivité ne lui est pour l’heure remontée… sur les 1 à 3 % des conteneurs maritimes contrôlés.
Sachant que pour le fret aérien, aucune mesure n’est effectuée. Devant cette incurie, des constructeurs automobiles ont pris les devants : contrôles systématiques pour Renault sur les pièces acheminées du Japon par voie maritime mais pas pour la voie aérienne, car il paraît que la douane veille. Avec quoi ?
L’ère est au nucléaire. Mais la vieillotte ritournelle est toujours d’actualité : « Tout va très bien, Madame la Marquise, tout va … »

DOC 3 Tout baigne à Fort Calhoun, y a pas le feu à Los Alamos

Jeudi 30 juin 2011 – Source : Agora Vox – par olivier cabanel

http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/tout-baigne-a-fort-calhoun-y-a-pas-96832?debut_forums=100

Après avoir essayé à Fukushima de nous faire prendre les vessies pour des lanternes, voici venu le temps du secret, de la dissimulation, de la désinformation, voire du mensonge sur les évènements concernant le nucléaire américain.

A Fukushima, on commence enfin à savoir ce qui s’est passé, même s’il subsiste de vastes zones d’ombre.

Comme le dit Alain de Halleux dans cette vidéo, la situation est insoluble. « Il n’y a aucune solution possible (…) la pollution va continuer à se répandre dans l’hémisphère nord pendant des années comme le pétrole dans le Golfe du Mexique, avant que l’on trouve une solution. On ne peut pas mettre de sarcophage comme à Tchernobyl, c’est impossible… » Les tentatives de décontamination des 120 000 tonnes d’eau radioactive se soldent par des échecs successifs, et les quelques centaines de litres qui ont été dépollués, ne le sont qu’imparfaitement, avec un résultat très éloigné des espérances. lien Il faut donc remettre continuellement de l’eau pour éviter une augmentation de la chaleur, et cette eau radioactive que l’on ne peut évacuer, ira rejoindre l’océan tôt ou tard. lien Tepco veut installer une immense toile en plastique au dessus du réacteur n°1 pour tenter de le protéger des pluies torrentielles de la mousson qui s’annonce. De l’azote a été injecté dans les réacteurs n°1 et n°2 afin de réduire les risques d’explosion, mais pour le n°3, celui qui contient du mox (plutonium+uranium enrichi), c’est impossible compte tenu du niveau de radioactivité. lien Pendant ce temps, le corium ronge tranquillement le béton, et atteindra fatalement la nappe phréatique, ce qui provoquera une dispersion considérable de radioactivité dans l’atmosphère et dans l’eau. Sur ce lien, on peut observer en continu la webcam qui filme la centrale, centrale qui semble attirer régulièrement des corbeaux semblant sortis tous droits d’un film d’Hitchcocklien La logique voudrait qu’une bonne partie des japonais soient évacués, mais où installer des dizaines de millions de personnes ? Et comment les évacuer ?

Pour l’instant, ce ne sont que 90 ménages supplémentaires qui ont été encouragés à évacuer leurs habitations, lesquelles sont pourtant hors de la zone interdite. lien Alors 300 000 enfants et femmes enceintes vont être équipés de dosimètres…mais prendre la température d’un malade n’empêche pas celle ci de monter.

Les 2 millions de personnes qui vivent dans le secteur de Fukushima vont subir un contrôle de santé, au moment où l’on a découvert des traces de césium dans les urines de 15 japonais. Alex Borreca, ce français expatrié au Japon, bien connu des internautes pour ses vidéos quotidiennes faisant le point sur la situation, vient de rentrer en France, et on pourra l’écouter sur l’antenne de la radio « ici et maintenant », le 1 juillet à 14 heures sur ce lienMichelle Rivasi, députée européenne, et fondatrice de la CRIIRAD de retour du Japon, a dénoncé, lors d’une conférence de presse, le manque d’information donné à la population. lien Bruno Chareyron, de la CRIIRAD lui aussi, et de retour lui aussi du Japon, accuse les autorités « de n’avoir pas évacué la population sur un périmètre suffisant » ajoutant « bien au delà de la zone interdite de 20 km autour de la centrale, il y a des doses de radioactivité qui induisent des risques de cancer inacceptables (…) 20 fois supérieures à celles communément admises (…) les pastilles d’iode n’ont pas été distribuées assez rapidement (…) et on laisse les habitants consommer des aliments contaminés ». lien Chaque jour qui vient amène son lot de nouvelles dissimulations de Tepco : le 29 juin,on a appris qu’une fuite d’eau contaminée (1000 millisieverts par heure) sétait produite en provenance du réacteur n°2, l’eau s’étant déversée dans une tranchée située à 180 mètresde l’océan. lien

Et puis un mystère plane sur le surrégénérateur de Monju, où des informations contradictoires se multiplient, centrale nucléaire dans laquelle une grave avarie, pas encore réparée, se serait produite en décembre 2010. Suite à une mauvaise manipulation, un tube de trois tonnes serait tombé dans la cuve du réacteur. lien

Mais c’est maintenant aux USA que ça se gâte.

La crue continue de monter à Fort Calhoun et comme le « boudin de caoutchouc » de 3 mètres de haut a été percé, l’eau s’est engouffrée dans les bâtiments de la centrale. lien Toutes les installations étant au niveau du sol, on devine sans peine tous les risques qu’entraine cette intrusion de l’eau. lien Du coup la digue de sacs de sable a été relevée de 2,5 mètres, mais comme on peut le voir sur ces images, cela n’a pas suffit. Le niveau du Missouri à atteint les 1007 pieds, et le risque de fusion du réacteur sera une réalité si le niveau atteint les1010 piedslien Pour l’instant la décrue n’est pas à l’ordre du jour (lien) et la population a été évacuée dans un rayon de 16 km autour du site. lien Diane Sawyer, sur l’antenne d’ABCNews affirme que tout est prêt pour un désastre. On commence aux USA a réaliser qu’il n’y a pas de réel plan d’évacuation en cas d’accident nucléaire, et de la difficulté qu’il y aurait a gérer le déplacement de 17 millions d’américains dans un rayon de 50 miles autour d’Indian Point, par exemple. lien

La tentative d’Obama pour imposer un black out sur cette affaire a donc fait long feu.

A propos de feu justement, le LANL (laboratoire national de Los Alamos) installation nucléaire où fut fabriquée la première bombe atomique, est menacé depuis le 26 juin (lien) par un incendie d’importance qui a déjà carbonisé 58 000 hectares d’une foret de pins, et il pourrait doubler, voire tripler en taille. lien

Cette installation nucléaire comporte environ 2000 bâtiments, et 15 000 personnes y travaillaient. lien

L’incendie aurait brièvement pénétré sur une surface de 0,4 hectare à l’intérieur de la zone qui abrite le complexe nucléaire. lien Mardi, à la mi journée, l’incendie se trouvait à environ 15 mètres du périmètre du LANLlien Ce serait la ligne à très haute tension qui aurait provoqué cet incendie. Douglas Tucker, pompier en chef, assure qu’il a la capacité, grâce a des « mousses retardantes » de protéger le site. Or cette foret de pin entoure le site nucléaire sur trois cotés et sur celui-ci sont stockés  30 000 barils de déchets de 200 litres contaminés au plutonium. lien D’après Kevin Roark, porte parole du LANL, les barils contiennent « des manteaux, des bottes, des gants, des casquettes contaminés… Comme d’habitude, en haut lieu, on est rassurant et Carl Beard, directeur des opérations pour le laboratoire a déclaré « qu’il n’y avait pas de menace immédiate pour la sécurité publique ». lien Pourtant cet avis n’est pas partagé par tous et Joni Arends porte parole des écologistes, craint que la chaleur produite par l’incendie ne fasse éclater les containers, laissant échapper la radioactivité.lien

EPA (agence de protection de l’environnement) a envoyé le 29 juin un avion afin d’analyser la qualité de l’air, de façon a détecter une éventuelle radioactivité, et plusieurs capteurs ont été installés au sol pour surveiller les émanations. lien

En 2000, un incendie avait déjà ravagé la région, et depuis des améliorations importantes avaient été mises en place, avec un centre de contrôle « ultra moderne », 35 camions de pompiers, nettoyage et entretien des arbres et de la végétation entourant les installations, couloirs anti-incendie…ce qui manifestement n’a pas empêché l’incendie actuel. lien

En attendant, lundi, les 11 000 habitants de Los Alamos ont été évacués.

John William, porte parole du mouvement anti-nucléaire affirme que sur ce site, il y aurait trois tonnes de plutonium hautement radioactif dans le sous sol de l’un des bâtiments du complexe, et que les 30 000 containers sont soit empilés à l’air, sur le goudron, soit sous des tentes, ou même enterrés. lien

Et aux dernières nouvelles, une nouvelle centrale nucléaire, celle de Salem, dans le New Jersey, connaitrait des « difficultés ». lien

Aujourd’hui, au Japon, aux Etats Unis, et ailleurs dans le Monde, la contestation anti-nucléaire s’étend chaque jour un peu plus.

Il faut dire que l’action TEPCO a perdu 80% de sa valeur et que l’exploitant de Fukushima affiche une perte sèche de 10,7 milliards d’euros. lien

Décidément, le nucléaire ne se porte pas bien en ce début de millénaire, ce qui n’a pas empêché l’autocrate présidentiel d’allouer le 27 juin dernier, un milliard d’euros à l’industrie nucléaire, au moment ou près de 80 % de français souhaitent sortir du nucléaire. lien

Comme disait Einstein : « il y a 2 choses d’infini au monde : l’univers et la bêtise, mais pour l’univers, j’en suis pas si sur ».

DOC 4 La politique de l’autruche

Mardi 28 juin 2011 – Agoravox - olivier cabanel (son site)

Après avoir longtemps affirmé qu’un accident nucléaire majeur n’était pas possible en France, on s’interroge en haut lieu : « Et si l’inimaginable arrivait ? »

Lors de la catastrophe de Tchernobyl, on se souvient que dans un premier temps les autorités nucléaires internationales avaient largement critiqué la technologie nucléaire soviétique, affirmant que pareil accident ne se serait pas produit ailleurs. Aujourd’hui on sait que c’est surtout une erreur humaine qui a été à l’origine de la catastrophe. lien Le 22 mai dernier, on a appris que Rosatom, l’agence russe du nucléaire, avait communiqué une étude confidentielle au Président Russe, étude rendue publique grâce a l’ONG norvégienne Bellona. Suite aux stress tests effectués il y a peu, l’agence russe à recensé 31 failles sérieuses dues à des déficiences de contrôle, d’entretien, et de réparation, prouvant l’extrême vulnérabilité des 11 centrales nationales. La plupart des réacteurs ne sont pas prévus pour s’arrêter automatiquement en cas de séisme, et les risques sismiques n’ont pas été pris en comptes pour ces centrales. D’autre part, les bâtiments montrent « des signes d’affaissement et d’inclinaison progressifs ». Evoquant les circuits de refroidissements qui sont qualifiés de « déficients » (défauts de soudure, délabrement des matériaux), le rapport affirme que les réacteurs russes pourraient être sujets à des explosions similaires à celles de Fukushima. lien
Depuis Fukushima, on sait que le Japon, considéré pourtant comme parmi les meilleurs dans ce domaine, n’était pas à l’abri d’une catastrophe.
En France, quelques jours après l’accident de Fukushima, Nicolas Sarkozy était allé vanter notre technologie, sous entendant clairement qu’elle était supérieure à celle des Japonais. lienPourtant l’EPR, dernier fleuron de notre « haute technologie » en cours de construction en Finlande à vu son prix de départ (3,3 milliards d’euros) plus que doubler, et son inauguration reculer année après année. D’autre part, des documents confidentiels internes à EDF, ont démontré que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur, (lien) et que la centrale pourrait être sujette à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, et donc extrêmement dangereuses. lien Le 5 mai 2011, Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN à déclaré que la France devait se préparer à des accidents nucléaires complètement inimaginables. « Ce qui nous menace le plus, ce n’est pas un accident « standard (…) personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident nucléaire en France » a-t-il ajouté. lien
Pourtant en 1986 M. Rosen directeur de la sureté nucléaire de l’AIEA (agence internationale de l’énergie atomique) avait déclaré sans rougir après la catastrophe de Tchernobyl « même s’il y avait un accident de ce type tous les ans, je considèrerais le nucléaire comme une source d’énergie intéressante  » lien Qu’en penseraient les 985 000 morts suite à cette catastrophe ? lien
Récemment, des informations ont filtré sur des évènements « non prévus » dans la centrale nucléaire de Paluel dans laquelle les fuites s’ajoutent au fuites, faisant monter une inquiétude grandissante chez le personnel de la centrale. lien Ce n’est pas hélas un cas isolé, puisque la centrale de Penly connait ce genre de problème, comme on peut le voir sur ce lien. Pourtant l’ASN (autorité de sureté nucléaire) concluait que n’y décelait pas de « difficultés particulières » ajoutant que « le domaine de la surveillance des équipements sous pression a fait l’objet d’une attention particulière ».
Depuis quelques jours, aux USA, qui se considèrent eux aussi comme parmi les meilleurs techniciens en matière nucléaire, deux centrales sont entourées par les eaux du Missouri, et la crue ne cesse de monter, menaçant les barrières fragiles de sac de sable, et le « boudin » de caoutchouc mis en place en toute hâte pour éviter le pire. lien L’autre centrale, celle de Cooper, est à son tour menacée par la montée des eaux. lien D’autre part, des fuites de tritium ont été constatées dans 48 des 65 sites nucléaires américains. lien
Mais que ce soit en Russie, au Japon, aux USA en France, où ailleurs, ce qui rapproche aussi les pays nucléarisés, c’est l’opacité, la politique du secret, et la volonté de ne pas informer les citoyens des dangers qu’ils courent.
Au Japon, ce n’est que 3 mois après que l’on a appris enfin que les 3 réacteurs étaient entrés en fusion quelques heures après le séisme. lien
En Russie, lors de la catastrophe de Tchernobyl, l’évacuation des habitants de Pripyat a été trop tardive. lien
Aux USA, le président Obama a décidé le black-out sur la situation des 2 centrales encerclées par les eaux. lien
En France on se souvient de la légende sur la radioactivité de Tchernobyl qui s’était arrêtée à la frontière, (lien) et des nombreux accidents nucléaires dans le Monde, dont la population n’a été informée que tardivement, voire pas du tout. lien
Au Blayais, cette centrale nucléaire prise dans la tempête de 1999, les bordelais n’ont appris que beaucoup plus tard qu’Alain Juppé, maire de la ville à ce moment, avait envisagé de faire évacuer Bordeaux. La centrale nucléaire encerclée par les eaux, s’était trouvé à deux doigts d’une catastrophe majeure. lien
Au-delà du silence médiatique, c’est aussi la désinformation qui règne en maître.
Le 27 juin, sur l’antenne d’une radio périphérique, un journaliste annonçait benoitement que les problèmes de Fukushima étaient pratiquement réglés, que les 100 000 tonnes d’eau radioactive avaient été dépolluées, alors qu’en réalité, la procédure venant à peine de commencer, ne peut traiter que 1200 tonnes d’eau par jour, et qu’en conséquence, il faudrait attendre au moins 3 mois pour que cette eau soit totalement évacuée, sachant que sa radioactivité ne serait diminuée théoriquement que de 1000 à 10000 fois. lien
Comme l’exploitant doit injecter 500 tonnes d’eau chaque jour, ce seront 45 000 tonnes d’eau radioactive qui seront à dépolluer dans 3 mois. On est au cœur du mythe de Sisyphe. lien La dernière tentative de dépollution l’eau du 16 juin (lien) avait du s’arrêter au bout de 5 heures, suite à la trop forte radioactivité. lien Rebelotte, ce même 27 juin, 90 minutes à peine après le démarrage de la décontamination, la procédure était de nouveau arrêtée. lien
Par contre, aucun média officiel n’a évoqué la série d’explosions en chaine qui se sont produites le 26 juin à 20h, heure locale et que l’on peut constater sur cette vidéo. lien
Combien de temps faudra-t-il attendre pour qu’une autorité internationale prenne les choses en main ?
On le sait le corium est en train de ronger les 7 mètres de béton qui se trouvent sous les réacteurs, et lorsqu’il atteindra la nappe phréatique située 15 mètres en dessous, les 600 tonnes de combustible nucléaire (lien) seront dispersées dans l’atmosphère, et dans l’océan.
Pendant que la pollution radioactive de Fukushima s’étend chaque jour un peu plus à l’ensemble de la planète, des pays de plus en plus nombreux tournent le dos à cette énergie désuète, chère et dangereuse.
Selon l’institut de sondage Gallup, réalisé dans 24 pays nucléarisés, la majorité des citoyens est contre l’énergie nucléaire. Il reste quand même 42% de japonais à continuer à privilégier le nucléaire. lien Seulement 3 pays y restent favorable, l’Inde à 61%, la Pologne à 57%, et les Etats Unis à 52%.
Pour ces derniers, il est probable que les évènements en cours à Fort Calhoun et à Cooper, ainsi que les fuites récemment constatées dans 48 centrales nucléaires pourraient bien inverser l’opinion.
De plus, le rapport du Docteur Mark Sircus apporte des nouvelles alarmantes concernant des millions de bambins des côtes ouest de l’Amérique, du Canada, de l’Alaska, d’Hawaï et d’au moins la moitié du Japon.
(En effet, à Kauai, une ile de l’archipel d’Hawaï, une station de détection radioactive a enregistrée le 22 juin à 8h du matin une alerte radioactive qui a duré 3 minutes. lien)
Selon le Dr Sircus, lequel a travaillé avec une équipe de scientifiques et de médecins, des millions de bébés souffrent déjà de symptômes qui semblent être les premiers signes de la maladie des rayons.
Il va encore plus loin déclarant « j’ai peur de devoir être brutalement honnête et d’être le porteur de nouvelles vraiment terribles. L’information qui ressort au sujet des concentrations de particules chaudes près de Fukushima, à Tokyo et maintenant à Seattle nous dit que non seulement les populations devraient s’inquiéter, mais que leurs gouvernements auraient du émettre des ordres d’évacuation il y a des mois. » lien
Pendant ce temps, les médias traditionnels en font des tonnes sur la fraude au bac, et sur la vague de chaleur.
Comme dit parfois mon vieil ami africain : « à la fin de la partie, le pion, tout comme le roi, retournent dans leur boite  ».

DOC 5 : Déchets spatiaux : une pollution industrielle d’un nouveau genre

Mardi 28 juin 2011 – Source : Actu Environnement – Philippe Collet
http://www.actu-environnement.com/ae/news/dechets-spaciaux-pollution-robin-des-bois-12891.php4

Dans un rapport, l’association Robin des Bois alerte sur les risques environnementaux et technologiques associés aux objets placés en orbite. L’ONG pointe notamment “le boomerang nucléaire” associé au retour sur Terre d’éléments radioactifs.

Dechets / Recyclage  |  Aujourd’hui à 17h06  |  Actu-Environnement.com

Réduire la taille du texteAugmenter la taille du texteImprimer cette pageOptions de partage

Dans son rapport “les déchets dans l’espace”, Robin des Bois estime que “la conquête spatiale a réussi un exploit considérable” : disséminer dans l’espace des milliards de déchets. Il s’agit là “d’une pollution industrielle d’un genre nouveau, foudroyant, proliférant et durable” à l’image de la pollution de l’océan par le plastique, le polystyrène et les hydrocarbures.

“En 50 ans, les activités humaines dans l’espace ont créé sur les orbites basses et hautes de la Terre plus de déchets que le système solaire n’y a injecté de météorites en plusieurs milliards d’années”, résume le rapport.

Des milliards de micro-déchets et des milliers de gros déchets

Selon leur nature, les déchets sont situés sur trois orbites : les orbites basses (entre 160 et 2.000 km d’altitude), les orbites moyennes (entre 2.000 et 35.000 km) et l’orbite géostationnaire à 35.786 km.

S’agissant des déchets de très petite taille, l’ONG évoque les milliards de particules, allant de la taille de poussières jusqu’à des scories de plusieurs centimètres de diamètre, résultant des combustibles. Il s’agit là de la source la plus importante. Toujours dans la catégorie des déchets extrêmes petits, l’ONG évoque l’érosion des satellites qui génèrent de nombreux déchets et notamment des éclats de peinture.

Les petits déchets sont, pour leur part, liés aux quelque 200 explosions causées par les résidus d’ergol dans les réservoirs, aux collisions entre les objets en orbite et aux 56 destructions volontaires par explosion de satellites. De même, les déchets d’exploitation sont, pour leur part, constitués des éléments de fixation et de protection des satellites et des dispositifs de séparation, tels que des câbles, des capuchons d’objectifs, des ressorts, ou des explosifs.

À cela s’ajoutent les déchets volumineux, en commençant par “des centaines de sacs de déchets [relâchés par le] sas arrière” de la station Mir entre 1986 et 2001. Enfin, Robin des Bois explique que chaque lancement implique l’ajout d’un étage supérieur, une structure de grande taille comprenant un moteur et des réservoirs. Il y aurait actuellement environ 1.900 étages supérieurs à une altitude proche des orbites des satellites. Par ailleurs, avec une durée de vie allant de quelques jours à 15 ans, il y aurait environ 2.500 satellites hors d’usage qui quitteront à terme leur orbite pour rentrer dans l’atmosphère.

Les collisions, bête noire des activités spatiales

Le premier risque lié à ces débris est la collision entre deux objets en orbite. En effet, un fragment d’un gramme naviguant à la vitesse de 12 km/s contient l’énergie cinétique d’une machine à laver lâchée d’une hauteur de 100 mètres. Ainsi, le suivi des impacts sur les navettes spatiales américaines, lors des 54 missions allant de 1992 à 2005, a entraîné le changement de 92 hublots du fait d’éclats dont certains furent causés par des particules de peinture, d’aluminium, d’acier et de plastique.

De même, les collisions concernent aussi des objets bien plus gros, à l’image de la collision intervenue le 10 février 2009, entre un satellite en activité américain de 560 kg et un satellite russe hors d’usage de 900 kg. Ce choc, qui s’est produit à la vitesse de 42.120 km/h à 790 km d’altitude, a généré près de 1.800 déchets de plus de 10 cm.

Enfin, la Station spatiale internationale (ISS) est l’objet d’une attention particulière : en août 2008 et en mars 2009, l’ISS a dû effectuer des manœuvres d’évitement de deux débris d’une dizaine de centimètres.

Robin des Bois juge ainsi que la sécurité des activités spatiales “est compromise par la prolifération et la connaissance fragmentaire du nombre et de la trajectoire des déchets existants.”

Boomerang radioactif

Quant à la chute des déchets sur terre, l’ONG s’inquiète tout particulièrement du retour des satellites contenant des matières radioactives qu’elle qualifie de “boomerang radioactif.” Ainsi, depuis les années 1960, 11 satellites utilisant des matières radioactives sont retombés sur Terre. L’ONG passe en revue ces retours et les mesures des poussières de plutonium 238 ou d’uranium 235 effectuées par différentes autorités.

La chute d’un satellite de l’US Navy en 1964 et la dispersion d’un kilo de plutonium a été mesurée dans l’atmosphère de l’hémisphère sud jusqu’à fin 1970, date à laquelle 95% des poussières avait atteint le sol. En 1968, l’échec d’un lancement a obligé les autorités à des opérations de recherche du combustible nucléaire immergé par 100 m de profondeur au large de Santa Barbara (Etats-Unis).

En janvier 1978, ce sont quelque 124.000 km2 du territoire canadien qui furent contaminés par les 31,1 kg d’uranium d’un satellite militaire russe. L’ONG relate les recherches intensives effectuées jusqu’en octobre 1978 par différentes autorités militaires et civiles pour récupérer un maximum d’élément de ce satellite. Au final, le Canada a porté plainte devant l’ONU car les déchets collectés étaient radioactifs, parfois à des niveaux mortels. La plainte fut retirée deux ans plus tard suite à la signature d’un accord entre l’URSS et le Canada. Finalement, une équipe japonaise concluait en décembre 1981 qu’il y a “toute raison de croire que le taux d’activité anormalement élevé et l’augmentation abrupte du rapport uranium 234 / uranium 238 dans l’air de surface au printemps, au Japon et au-dessus de l’océan, ont été occasionnés par la désintégration du satellite russe Kosmos-954.” En 1983, 1988 et 1995 l’histoire se répéta avec le retour sur Terre de trois satellites de la série Kosmos.

Améliorer la collaboration internationale

Cette situation semble être prise en compte par un nombre croissant d’acteur du secteur, même si l’ONG regrette l’absence de mutualisation des informations permettant de cartographier et d’inventorier les déchets spatiaux.

Robin des Bois préconise donc en premier lieu de réduire les déchets à la source en responsabilisant tous les acteurs du secteur. Pour cela, l’ONG souhaite que la société civile et les Etats fassent pression sur les opérateurs.

Ensuite, l’ONG appelle à la mise en œuvre d’un droit de l’espace “collaboratif, évolutif et contraignant” afin d’appliquer “les règles élémentaires de prudence.” Une telle démarche passerait d’abord par la ratification de l’Accord sur la Lune et les autres corps célestes daté de 1974 et ratifié par seulement 13 Etats. Robin des Bois juge “urgent que les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Japon et les autres principaux Etats de lancement ratifient l’Accord.” Dans un second temps, “une convention internationale sur la prévention et la gestion des déchets dans les orbites terrestres et le système interplanétaire” pourrait être établie.

Troisième axe, financer les recherches sur la capture ou la neutralisation in situ des plus gros déchets susceptibles de se fragmenter, notamment via “un fonds alimenté par tous les usagers de l’espace, en premier lieu les exploitants de satellites commerciaux.”

Enfin “les retours de satellites doivent faire l’objet d’une planification et d’une localisation précises et respectueuses de l’environnement marin et des populations exposées.”

DOC 6 : Nucléaire : Un ancien technicien d’Areva dénonce le manque de sécurité à la Hague

Samedi 11 juin 2011 – Source : 20 Minutes
http://www.20minutes.fr/article/739671/nucleaire-ancien-technicien-areva-denonce-manque-securite-hague

L’usine Areva de La Hague le 4 mars 2009 Mychele Daniau AFP/Archives

PLANETE – Guislain Quétel, retraité de l’usine Areva, affirme que les quatre piscines de la Hague; chargées du refroidissement des combustibles, sont très mal protégées…

Trois mois après la catastrophe de Fukushima, un technicien retraité de l’usine Areva de La Hague a provoqué des remous cette semaine en se présentant publiquement devant une commission officielle pour dénoncer la sécurité «insuffisante» du site, un des plus riches en matières radioactive au monde.

«La région ne doit pas être sacrifiée pour le bien être de la collectivité nationale», a lancé mercredi Guislain Quétel, 66 ans, dont 35 consacrés à la protection des salariés de La Hague contre les radiations.

Le technicien a tenté de convaincre mercredi la commission locale d’information (CLI) du site, qui regroupe élus locaux, experts, syndicats et associations, de faire construire une «cathédrale de béton» contre les éventuels projectiles, par avion ou tir de mortier depuis la campagne environnante.

L’équivalent de 100 réacteurs

Tous les combustibles irradiés de France sont immergés dans les quatre piscines de La Hague avant d’être retraités par Areva. Or les installations «ne sont couvertes que par un simple bardage métallique», a argumenté le technicien, ancien syndicaliste CFDT.

Les piscines contiennent l’équivalent en rejets radioactifs potentiels de 100 réacteurs, si un projectile explosif les atteint, «là, c’est pire que Fukushima» dit l’ancien radioprotectionniste.

Par comparaison, sur le chantier voisin de Flamanville, où se construit le nouveau réacteur EPR et avec sa piscine pour immerger les combustibles dès leur sortie, «on nous parle d’une coque résistant à la chute d’un avion gros porteur», souligne Guislain Quétel.

Surnommé le «curé de la radioprotection»

Lors de la réunion de la CLI, le radioprotectionniste a parlé d’un ton parfois hésitant face à un public loin d’être acquis mais avec le verbe précis de l’orateur convaincu de connaître son sujet mieux que ses auditeurs.

Son intervention publique a fait l’objet de «tergiversations», selon la présidence de la CLI.

Le bureau chargé de l’ordre du jour lui a d’abord refusé la tribune et il a fallu que des membres de la CLI comme Greenpeace ou la chercheuse au CNRS Monique Sené envoient un courrier commun de protestation.

«On a voulu m’interdire de parler par crainte que je ne fasse le jeu des antinucléaires», dit Guislain Quétel.

Dans les années 90, ses prises de positions lui avaient valu le surnom de «curé de la radioprotection» au sein de l’entreprise. «Lorsque j’avais alerté le PDG de l’époque Jean Syrota puis évoqué ces questions dans un documentaire diffusé sur Canal +, j’ai été progressivement mis en quarantaine de la CFDT», raconte-t-il.

«Des systèmes de refroidissement à l’air libre, ça interpelle»

Parti en retraite en 2001, le technicien a décidé de renouer avec le militantisme après la catastrophe de Fukushima, poussé par «des amis comme Jean-Claude Zerbib» ancien ingénieur au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) qui cosigne le résumé écrit de son exposé. Après son intervention devant la CLI, les élus locaux interrogés par l’AFP ont réagi avec mesure. «Quand on entend que les systèmes de refroidissement sont à l’air libre, ça interpelle», a simplement commenté le président de la CLI le conseiller général DVD Michel Laurent sans vouloir parler d’insuffisance. La CLI qui planche depuis Fukushima sur la sûreté du site doit formuler des questions ou des recommandations au second semestre.

«Pas un scoop» pour Areva

Côté Areva, le directeur adjoint Roland Jacquet s’est contenté de déclarer que l’exposé de Guislain Quétel n’avait «pas de scoop», comme il l’a dit à l’AFP après la réunion. Le groupe considère que la sûreté du site est assuré sans cathédrale de béton, car des dispositifs d’intervention notamment existent en cas de survol. En outre les combustibles irradiés qui arrivent à la Hague sont beaucoup moins chauds que ceux qui attendent à côté des centrales et Areva a plus de temps pour intervenir en cas de problèmes de refroidissement, selon les arguments officiels.

DOC 7 : Lettre de la CRIIRAD du 9 juin 2011 au Premier Ministre

Source : site de la CRIIRAD, http://www.criirad.org

http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon_bis/i…

CRIIRAD
471 av. V. Hugo / Valence / FRANCE
Téléphone : 33 (0)4 75 41 82 50
Courriel : contact@criirad.org

Valence, le 9 juin 2011

Monsieur François FILLON
Hôtel de Matignon
57, rue de Varenne
75700 PARIS

OBJET : contamination de la France par les rejets de la centrale nucléaire de FUKUSHIMA DAIICHI

2. DEMANDE DE GARANTIES EN MATIERE D’EVALUATION, D’INFORMATION ET DE PROTECTION.

Monsieur le Premier ministre,

Par courrier, en date des 25 et 29 mai derniers, nous vous alertions sur les anomalies que nous avons relevées dans l’évaluation de la contamination de l’air par les rejets radioactifs de FUKUSHIMA DAIICHI. Ainsi que nous vous l’annoncions, nous vous transmettons par la présente un bilan plus général des dysfonctionnements identifiés, tant au niveau de la stratégie de contrôle que de l’information du public, bilan assorti d’une demande de garanties pour l’évaluation des futures contaminations par voie atmosphérique.

INTRODUCTION

Notre association s’est créée en mai 1986, au lendemain de l’accident de Tchernobyl, en réaction contre le contenu des informations officielles (qui sous-évaluaient de plus de 1 000 fois le niveau réel des retombées radioactives) et contre l’absence de toute mesure de protection, y compris pour les enfants. Depuis cette date, c’est la première fois que notre pays est confronté à une contamination atmosphérique d’ampleur internationale 1. La CRIIRAD devait donc vérifier si le dispositif de contrôle de l’Etat rendait correctement compte de la contamination de l’environnement, sans omettre ni les zones les plus affectées, ni les denrées alimentaires à risque. Déterminer la gamme des niveaux d’exposition, et notamment les expositions maximales, est en effet un préalable indispensable quand il s’agit d’assurer la protection de TOUS les habitants, quels que soient l’âge, le lieu de résidence, la profession ou le régime alimentaire.

Conformément à ses missions statutaires, la CRIIRAD a donc procédé à l’analyse critique du dispositif de contrôle mis en œuvre par l’Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) pour le compte de l’Etat. Ce travail a tenu compte des objectifs revendiqués par l’IRSN : mettre en œuvre « un plan de surveillance environnementale spécifique pour détecter et caractériser la présence d’éléments radioactifs rejetés lors de l’accident de la centrale de Fukushima ».

Les résultats de cette évaluation sont préoccupants. Le plan de surveillance officiel n’a pas permis de documenter les niveaux maxima de contamination, qu’il s’agisse de la contamination de l’air, de la pluie, des retombées au sol ou des denrées alimentaires critiques. A cela s’ajoute un nombre anormalement élevé d’erreurs et d’incohérences dans les différentes publications et, sous un affichage de transparence totale, des manquements graves en matière d’information du public.

Les niveaux de contamination étant heureusement peu élevés, l’incidence sur la protection de la population est restée très limitée. Il est en revanche indispensable de tirer les leçons de ces dysfonctionnements. La population doit avoir l’assurance qu’en cas de nouvelle contamination un certain nombre d’investigations seront obligatoirement réalisées afin de caractériser le terme source et les niveaux de contamination des compartiments clefs de l’environnement – valeurs maximales incluses –, et que toutes les informations afférentes seront mises sans délai à disposition du public.

Dès lors qu’une contamination est susceptible d’exposer une fraction de la population à des doses de rayonnements non négligeables2 – ce qui était le cas des rejets de FUKUSHIMA DAIICHI –, la CRIIRAD demande que plusieurs catégories d’information soient obligatoirement élaborées par l’Etat ou ses experts et mises à la disposition de tous :

· des analyses permettant de caractériser le terme source, en tenant compte de tous les radionucléides et de leurs différentes formes physico-chimiques (cf. défaut de prise en compte de l’iode gazeux dans le plan de surveillance initial de l’IRSN) ;

· des analyses permettant de caractériser, sur un nombre représentatif de sites, l’activité de l’air et son évolution dans le temps, sans discontinuité, ni recours à des prélèvements sur des durées injustifiées ;

· des informations cartographiques et analytiques permettant d’anticiper, puis de déterminer, l’intensité des retombées radioactives, leur cinétique et leur répartition géographiquede façon à identifier les secteurs les plus contaminés et à dimensionner en conséquence les dispositifs de contrôle environnemental et de protection sanitaire ;

· des analyses permettant de rendre compte de la contamination des denrées alimentaires, et notamment des aliments critiques, en tenant compte de la cartographie des dépôts au sol, de la sensibilité et du stade de développement des végétaux, ainsi que des différents régimes alimentaires (habitudes alimentaires minoritaires incluses).

Sur le plan du droit à l’information, le bilan de FUKUSHIMA DAIICHI est accablant : occultation (volontaire ou non) de paramètres clés ; diffusion d’informations erronées sur la contamination de l’air (nous attendons que l’enquête détermine s’il s’agit d’erreurs méthodologiques répétées ou de la volonté de minimiser l’activité réelle de l’iode 131) ; mise en place d’un site cartographique (CRITER) dont la conception dissuade tout travail d’analyse critique ; publication des données des exploitants avec plus d’un mois de retard, taux anormalement élevé d’anomalies dans les publications…

La CRIIRAD demande que la transparence ne se limite pas aux discours et que le droit à l’information du public soit effectivement respecté. Cela implique a minima les garanties suivantes :

· les résultats d’analyse doivent être assortis de toutes les données nécessaires à leur compréhension et à leur exploitation. Concernant les analyses d’air, les dates de début et de fin de prélèvement doivent être impérativement indiquées. La diffusion d’informations erronées au motif qu’elles seraient plus « lisibles » par le public est inacceptable. A ce propos, la CRIIRAD réitère sa demande de publication de l’ensemble des résultats relatifs à l’activité de l’iode 131 dans l’air avec mention des dates et heures de début et de fin de prélèvement.

· L’accès aux rapports d’étude et rapports d’essai doit être garanti : un résultat d’analyse isolé ne peut être correctement interprété et permet toutes les manipulations. Si les autorités ne veulent pas alimenter la suspicion, elles doivent dissiper les zones d’ombre, expliciter les hypothèses retenues dans les calculs et les anomalies qui affectent les prélèvements ou les analyses.

· Les résultats doivent être publiés sans délai, dès leur validation. C’est indispensable pour la mise en oeuvre des mesures de protection sanitaire et c’est la seule façon de prévenir toute tentative d’ajustement des résultats. L’Etat doit obliger les exploitants à publier les résultats des contrôles règlementaires de l’auto-surveillance au fur et à mesure de leur acquisition et non pas avec un mois et demi de retard.

· Les résultats d’analyse doivent être mis à disposition du public sous une forme qui facilite leur exploitation. Ceci implique de pouvoir trier, classer et télécharger les résultats d’analyse (autant de fonctions absentes du site CRITER). Il n’est pas acceptable de devoir consacrer 10 heures de travail à la récupération de données alors que cela devrait normalement prendre 10 mn. Permettre l’analyse critique des contrôles officiels n’est certes pas confortable pour les pouvoirs publics mais, sans cela, inutile de prétendre à une quelconque transparence.

· La mise en place d’un dispositif permettant de sanctionner la diffusion d’informations mensongères ou manifestement erronées. Ce délit de désinformation permettrait de responsabiliser toute personne physique ou morale en charge d’une mission d’information du public et de substituer un cercle vertueux au cercle vicieux qui prévaut depuis des années dans le domaine de la radioactivité (moins un laboratoire est susceptible de détecter une contamination, plus il est certain d’avoir des commandes).

Il est essentiel que le protocole qui détaille le dispositif de surveillance environnementale et les modalités d’information de la population soit rendu public et que cela intervienne dans les meilleurs délais, avant qu’une nouvelle situation de contamination ne se produise. Ce plan doit pouvoir être analysé, évalué, et une consultation doit être organisée afin de collecter les critiques et propositions.

Vous trouverez, dans le fascicule annexé à ce courrier, une présentation plus détaillée des différents arguments évoqués ci-dessus. Nous nous tenons à votre disposition, et à celle de vos services, pour vous apporter toutes les précisions nécessaires, que ce soit par téléphone ou dans le cadre d’une réunion de travail.

Vous remerciant de votre attention, et dans l’attente de réponses précises et rapides aux demandes de garanties que nous sollicitons, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de nos sincères et respectueuses salutations

Pour la CRIIRAD, la directrice

Corinne CASTANIER

1 Bien que plus limitée, l’incinération accidentelle d’une source de césium 137, à Algésiras, au sud de l’Espagne,
avait toutefois conduit, en juin 1998, à une contamination mesurable sur toute l’Europe.

2 Au sens de la directive 96/29 du 13 mai 1996, soit 10 μSv, voire moins si plus de 100 000 personnes sont susceptibles d’être exposées à ce niveau de dose efficace.

PIECES JOINTES :

1/ Annexe de 9 pages au présent courrier : constats de dysfonctionnements et demande de garanties.

2/ Rapport CRIIRAD sur l’impact en France des rejets radioactifs de la centrale nucléaire de Fukushima  Daiichi – Chapitre « Contrôle de l’activité de l’eau de pluie et évaluation des dépôts au sol ».

 (fin de la lettre de la CRIIRAD du 9 juin 2011 au Premier Ministre)

Les annexes cités dans la lettre sont :

Stratégie de contrôle : dysfonctionnements et demande de garanties

Publication des résultats d’analyse : dysfonctionnements et demande de garanties

DOC 8 : Jeremy Rifkin : « Le nucléaire est mort »

Lundi 6 juin 2011 – Source : Terre.tv.

 “Je préside un groupe de 120 des plus grandes entreprises du monde dans le domaine de l’informatique, des transports, de la logistique, de l’énergie, de la distribution d’électricité, de la construction [...], ces sociétés savent que le nucléaire est mort” dit Jeremy Rifkin. Dans une interview exceptionnelle réalisée par Terre.tv, Rifkin, essayiste, spécialiste de prospective économique de réputation mondiale, fondateur et président de la Fondation pour les tendances économiques (Foundation on Economic Trends) explique pourquoi en 5 arguments factuels.

Rifkin considère la technologie nucléaire comme ”totalement dépassée, d’un autre siècle”.

Il fait une analogie avec l’industrie de la musique qui n’a pas vu venir le partage de fichiers sur Internet, avec la presse qui n’a pas compris la blogosphère, avec Encyclopedia Universalis qui se moquait de Wikipedia, ou encore avec Bill Gates qui n’aurait jamais pensé que le logiciel libre Linux deviendrait un acteur mondial de premier plan.

Une théorie qu’il déroule en 5 arguments au micro de Terre.tv.

Le résumé des 5 arguments de Jeremy Rifkin :

1) Peu d’impact :

Pour avoir un quelconque effet sur les émissions de gaz à effet de serre, il faudrait construire 1500 réacteurs nucléaires d’ici à 25 ans, à coups de milliers de milliards de dollars.

2) Le casse-tête des déchets :

60 ans que nous faisons du nucléaire et toujours pas de solution durable pour les déchets.

3) La pénurie menace :

L’uranium est une ressource de plus en plus rare et son prix ne cessera d’augmenter.

4) Il existe bien une nouvelle génération de réacteurs nucléaires pour se passer de l’uranium (les centrales de 4ème génération à neutrons rapides), mais elles fonctionnent au plutonium,remplacer l’uranium par du plutonium “c’est de la folie” , et est-ce vraiment une bonne idée à l’heure du terrorisme ?

5) Le problème de l’eau :

« 40% de toute l’eau douce consommée dans toute la France est utilisée par l’industrie nucléaire pour refroidir les réacteurs » avant d’être relâchée à une température supérieure. Sauf à mettre les centrales sur les côtes et à les refroidir à l’eau de mer, il n’y a pas assez d’eau douce. Et c’est bien sur les côtes que les risques de tsunami et les densités de population sont les plus grands. On risque donc de manquer cruellement de ressources hydriques. La solution ?

 « Une nouvelle conscience pour un monde en crise », par Jeremy Rifkin, éd. Les Liens qui libèrent, 29 euros.

DOC 9 : Le nucléaire est l’un des plus grands fléaux du XXIe siècle

Jeudi 24 mars 2011 – Source : Le Monde – Charlotte Nordmann, essayiste et traductrice et Jérôme Vidal, éditeur (éditions Amsterdam)
Même au cours des événements les plus atroces, il y a toujours des optimistes pour se réjouir. A l’heure où le Japon vit une catastrophe nucléaire majeure, ils nous exhortent à assumer la “noble” tâche qui nous incombe : l’heure n’est pas à la désolation, nous disent-ils, car pourrait s’ouvrir une ère nouvelle, plus rationnelle, plus démocratique et plus juste, où il serait enfin reconnu que « le nucléaire est un bien public mondial » exigeant une gestion transnationale responsable et éclairée.

Comment peut-on en venir à proférer des énoncés aussi obscènes dans de telles circonstances ? Comment peut-on défendre l’industrie nucléaire alors que nous sont rappelées de la façon la plus terrible les conséquences de ce choix, toujours fait en dépit de l’opinion publique ?

La plaidoirie parue sur Lemonde.fr (Jean-Pierre Mignard, Raphaël RomiSébastien Mabile et Michel Mabile : “Nucléaire : un bien public mondial”) est un modèle du genre. Au nom du progressisme, de l’intérêt général de l’humanité, il s’agit de faire apparaître le nucléaire comme le choix qui s’impose à des “responsables” à la fois probes et compétents.
Le discours auquel la classe politique française – à l’exception des Verts et d’une partie de l’extrême gauche – se rallie aujourd’hui avec une émotion où se mêlent atterrement devant la catastrophe et inquiétudes pour un fleuron de l’industrie française est donc de reconnaître que le nucléaire comporte des risques (difficile, pour l’heure, de l’oublier !), mais qu’une gestion responsable peut nous en préserver, étant entendu que les “bienfaits” du nucléaire seraient “incontestables”.
Toute la question est là. Est-il vrai que nous ne pouvons pas nous passer du nucléaire ? Est-il vrai que le développement du nucléaire civil serait souhaitable, parce qu’il contribuerait à limiter le réchauffement climatique ? Est-il vrai qu’il est possible de “faire les choses bien” ? Autrement dit, peut-on réellement, dans le respect de la démocratie et grâce à l’imposition de strictes normes techniques, jouir des “bienfaits” du nucléaire civil sans s’exposer à tout instant à la catastrophe ?
A ces trois questions, nous répondons : non.

C’est d’abord une imposture que de dire que nous n’aurions pas le choix, que “les experts” s’accorderaient pour dire que nos besoins en énergie seraient tels que nous ne pourrions nous passer du nucléaire. Dès lors qu’on remet en question le dogme selon lequel la consommation en énergie serait vouée à augmenter, il est possible d’envisager une sortie du nucléaire : l’Association négaWatt a ainsi élaboré un scénario énergétique reposant sur la réduction des gaspillages d’énergie et l’efficacité énergétique qui permet d’envisager la fermeture des centrales françaises dès 2030. Nous avons donc le choix, et prétendre le contraire est mentir, purement et simplement.
Les promoteurs du nucléaire n’ont pas hésité à tirer parti de la sensibilisation de l’opinion aux dangers du réchauffement climatique : le maintien et même le développement du nucléaire seraient souhaitables, car ils permettraient de lutter contre l’augmentation des gaz à effet de serre. Or, en France, c’est-à-dire dans le pays d’Europe où le développement du nucléaire a été le plus massif, la production d’électricité d’origine nucléaire ne contribue que pour 16 % à la consommation d’énergie finale. Si cette contribution était assurée par une production d’électricité d’origine renouvelable, les émissions totales de gaz à effet de serre seraient légèrement inférieures. Et si elle l’était par des centrales à gaz à cycle combiné, ces émissions seraient supérieures de seulement 15 % à 20 %. L’Agence internationale de l’énergie, qui promeut pourtant le développement de l’industrie nucléaire, calcule que, si le nucléaire parvenait à se développer, sa contribution à la réduction des émissions mondiales de CO2 serait d’à peine 6 % en 2050, contre 54 % pour les économies d’énergie et 21 % pour les énergies renouvelables, à un coût très inférieur. Cette réduction dérisoire interviendrait par ailleurs bien trop tard. Surtout, toutes les options ne sont pas compatibles : le nucléaire exige des investissements considérables en matière d’infrastructures et monopolise d’énormes subventions publiques, dont les deux tiers des budgets européens de recherche sur l’énergie, au détriment des autres énergies et du développement de politiques d’économies d’énergie.
Troisième point – bien sûr le plus important : il n’est matériellement pas possible de garantir les populations contre les risques inhérents à l’industrie nucléaire civile. Parler de “réacteurs aux garanties irréprochables” serait presque comique, si ce n’était tragique, quand la majorité des réacteurs en activité auraient déjà dû être arrêtés, et alors que les nouveaux modèles de réacteurs, les fameux EPR, dont les représentants de commerce d’Areva nous vantent la fiabilité à l’envi (“Ah, ma bonne dame, ça, ça ne vous serait pas arrivé avec notre nouveau modèle !…”), ne cessent de révéler leurs fragilités. Rappelons que, outre les analyses suggérant qu’en cas d’accident ces réacteurs et leur “double enceinte de confinement” pourraient s’avérer plus dangereux que les précédents, les autorités de sûreté française, finlandaise et britannique ont toutes émis des doutes sur la capacité de leur système de commande à répondre aux exigences de sûreté de base. Les risques et les dommages causés par le nucléaire ne sont d’ailleurs pas limités aux réacteurs, ils sont présents sur l’ensemble de la filière : des mines d’uranium à la production de combustible, en passant par le problème insoluble des déchets, dont le prétendu “retraitement” produit en fait plus de matières radioactives et un nouveau combustible, le mox, plus dangereux encore que l’uranium.

Nos promoteurs d’une gestion éclairée et cosmopolite du nucléaire le reconnaissent d’ailleurs. Ils déclarent en passant qu’”il existera toujours et partout un scénario dans lequel une catastrophe comme celle de Fukushima pourra se produire”. Sommes-nous prêts à assumer un tel risque à seule fin de produire de l’électricité ? Pouvons-nous accepter qu’une telle décision soit prise par des “experts” – voire par les promoteurs du nucléaire – hors de tout débat démocratique ?
Mais si le nucléaire est toujours imposé aux peuples, en dépit du rejet qu’entraîne la conscience de ses risques, c’est parce que, né de l’industrie militaire et encore profondément lié à elle, cette industrie, d’une technicité et d’une dangerosité extrêmes, n’est pas susceptible d’être gérée démocratiquement. Elle exige l’opacité ; elle nécessite une gestion centralisée et autoritaire. Le nucléaire est un régime politique – et il n’est tout simplement pas possible de lui appliquer les principes de “transparence” ou de “contrôle citoyen”.
De deux choses l’une : soit ce discours témoigne d’une méconnaissance de la question, soit d’un véritable cynisme, mais quoi qu’il en soit, cela n’augure rien de bon pour cette “nouvelle gouvernance mondiale irréprochable” censée nous préserver des dangers du nucléaire.
Pas sûr qu’à tenir un tel discours nos “responsables” parviennent à restaurer la “confiance” nécessaire à l’avenir en la filière nucléaire. Ce serait en tout cas un tour de force, mais nos habiles manipulateurs du langage ont du moins l’avantage de bénéficier du soutien presque unanime de la classe politique en France, et d’une bonne partie des médias.

Japon : des dosimètres pour les enfants !


  • Au Japon, la tragédie nucléaire se poursuit

Les Japonais paient cher leur acceptation du nucléaire :

- les évacués qui ont dû quitter leur patrimoine, leur territoire, leur emploi, se retrouvent sans ressources et ne savent où aller. Japonais totalement démunis et perdus. Population en déshérence. Même pas suivie…

- des agriculteurs continuent de se suicider.

- les pêcheurs n’ont plus le droit de pêcher à moins de 30 km des côtes. Les produits de la mer constituent d’ordinaire 80 % de la nourriture japonaise, mais mieux vaut s’abstenir ! 30 000 Bq/kg de contamination en Césium 134 et 137 dans les poissons, algues hyper contaminées,…

- les Japonais ne savent plus si ce qu’ils mangent est, ou n’est pas, contaminé. Sauf ceux qui vivent encore, sans aucune protection, dans des régions qui devraient être évacuées, et qui continuent de consommer les produits locaux qu’ils n’ont pourtant plus le droit de vendre. Ceux-là sont assurés qu’il mangent des produits radioactifs : incroyable déni des conséquences de la contamination et de l’irradiation, parce qu’ils ne se rendent pas compte et n’ont jamais eu d’information objective (il y a comme une petite ressemblance avec la France).

(DOC 1 « Japon : à Koriyama, le péril invisible »)

(DOC 2 «  Japon : colère et désespoir trois mois après la catastrophe ” »)

  • Population japonaise piégée et abandonnée

Mardi 24 mai, une équipe de la CRIIRAD arrivait au Japon. L’équipe s’est faite aussi discrète que possible afin d’éviter que les autorités françaises ou japonaises ne leurs mettent des bâtons dans les roues (matériel de mesure égaré pendant le transport ou problème de douane comme ils en avaient eus au Niger). Cette précaution n’a cependant pas empêché le blocage, par la douane, depuis un mois et demi, des stocks de milliers de compteurs Geiger que la CRIIRAD a envoyé à la population pour qu’elle mesure elle-même la radioactivité !

Mardi 24 et mercredi 25 mai, la CRIIRAD effectuait des contrôles dans la préfecture d’Ibaraki, entre Tokyo et la préfecture de Fukushima :

« Le contact avec les agriculteurs a été très émouvant, très éprouvant : c’est très dur de montrer à une personne qui vit du travail de sa terre, qui a choisi de produire en bio, que la contamination est partout présente. » CRIIRAD

Jeudi 26 mai, les contrôles effectués dans une école les ont vraiment ébranlés :

« Trouver de la contamination partout et des points chauds sous une balançoire, c’est vraiment difficile à vivre quand on sait ce que cela implique. Il y a aussi beaucoup de fatigue, de tension et de pression car l’attente des populations et des associations est énorme et dépasse totalement nos capacités d’action. » CRIIRAD

Les carences sont graves dans le contrôle de la contamination par les autorités japonaises et elles dissimulent la gravité de la contamination.

La population japonaise ne peut guère compter davantage sur les médias. La télévision japonaise ne diffuse que les informations officielles qui montrent aux gens qu’ont fait des mesures, sans dire à quel point la situation est grave, et sans donner d’informations pratico pratique pour expliquer aux gens ce qu’il faut faire, ou ce qu’il ne faut pas faire.

Depuis 40 ans, la collusion au sommet de l’Etat entre opérateurs de centrales (comme Tepco), politiciens, médias, bureaucrates, tribunaux,… est telle que les opérateurs ont pris l’habitude de faire ce qu’ils veulent (on se croirait encore en France).

(DOC 3 «  Importante réévaluation officielle du désastre environnemental nucléaire de Fukushima Daiichi. “ »)

(DOC 4 « Nucléaire : l’heure des comptes au Japon »)

(DOC 5 «  Fukushima : des parents manifestent leur colère “ »)

Les insuffisances sont encore plus graves dans la mise en œuvre des mesures de protection :

  - comprimés d’iodure de potassium non distribués alors que les Japonais ont été exposés à des quantités considérables d’iode radioactif, déposé et transporté par les panaches radioactifs. Les cas de cancers de la thyroïde vont exploser.

  - évacuation trop restreinte de la population (normes trafiquées à la hausse pour avoir moins de monde à évacuer : le criminel passage de 1 à 20 mSv par an justifiant une évacuation des enfants…).

(DOC 6 « ”Fukushima : la Criirad dénonce des “carences graves” dans la gestion” »)

(DOC 7 « Michèle Rivasi : « aucune protection n’est prise pour les habitants du Japon » »)

  • La santé des enfants se dégrade considérablement

(DOC 8 « Fukushima : des substances radioactives dans l’urine des enfants »)

(DOC 9 « A 50 Km de Fukushima alerte radiologique pour la santé des enfants »)

Une industrie qui provoque autant de drames humains ne peut que disparaître.

  • La ville de Fukushima – située à 60 km des réacteurs nucléaires en perdition -, va distribuer des dosimètres à ses enfants âgés de 4 à 15 ans

(DOC 10 « “ Japon : les enfants de la ville de Fukushima vont être équipés de dosimètres” »)

 « Un dosimètre est une petite machine comme un thermomètre. Vous l’accrochez sur vous. C’est les machines qu’ont les travailleurs dans les centrales nucléaires. Ce dosimètre il n’a qu’une seule fonction : c’est de vous indiquer combien de radioactivité rentre dans votre corps, chaque heure, chaque minute. C’est ça un dosimètre, ça protège absolument pasVoilà ce qui se passe aujourd’hui au Japon. On va distribuer 35 000 dosimètres à 35 000 gamins qui habitent à Fukushima. Ils vont aller à l’école avec un dosimètre sur eux. Pour que leurs parents, le soir, puissent contrôler combien de radioactivité est rentrée dans le corps de leurs enfants. Voilà la situation aujourd’hui. Le Japon va être le premier pays dans le monde à envoyer 35 000 gosses à l’école avec un dosimètre pour calculer combien de radiations ils se bouffent dans le corps chaque jour ! »   Alex

 

PRENEZ 14 MINUTES de votre temps pour mesurer le fort cri de révolte, mis en ligne le 15 juin 2011, par Alex, ce père de famille qui vit au Japon depuis 10 ans :

(lien pour accéder à la VIDEO d’Alex :  http://www.dailymotion.com/video/xjc5sg_fukushima-alex-en-francais-a-tokyo-15-juin-2011_news (enfoncez la touche Ctrl du clavier et cliquez en même temps sur ce lien))

 

EN BEAUCOUP PLUS CALME, et plus court (7min26s), NE MANQUEZ PAS cet autre témoignage du Japon : celui de Laurent, Français habitant au Japon depuis 19 ans, qui témoigne de sa vie quotidienne avec la contamination, à 200 km de Fukushima :

(lien pour accéder à la VIDEO de Laurent : http://www.youtube.com/watch?v=WBC5S1ZjLWA&feature=player_detailpage )

 

“Petite” remarque :

La propagande nucléaire intoxique vraiment les cerveaux : même Alex semble croire que les Allemands, Italiens, Suisses,…, qui ne veulent plus du nucléaire, comptent sur l’électricité nucléaire française.

Pourtant, si on regarde les échanges électriques entre Français et Allemands, on se rend alors compte que depuis 2004, c’est la France qui importe du courant d’Allemagne :

Le lobby nucléaire français qui traite l’Allemagne d’ « hypocrite » ne craindrait-il pas plutôt de ne plus pouvoir compter sur l’Allemagne qui lui sauvait la mise depuis 7 ans ? (l’hiver au moment des pics de froid, et l’été au moment des sécheresses)

DOC 1 : Japon : à Koriyama, le péril invisible

Dimanche 05 Juin 2011 - Le Journal du Dimanche - Karen Lajon (Koriyama, envoyée spéciale)

http://www.lejdd.fr/International/Asie/Actualite/A-Koriyama-le-peril-invisible-325439/

Les 300.000 habitants de cette ville, située à 60 kilomètres de la centrale accidentée, se croyaient à l’abri. Mais la radioactivité y est montée en flèche.

Ce pourrait être une scène de crime. Avec une bâche en plastique bleu pour recouvrir le corps. Un ruban jaune qui interdit l’accès. Et des traces de pas, uniques, celles des enquêteurs. Ce pourrait être. Mais là s’arrête la comparaison avec une hypothétique enquête criminelle. Parce que nous sommes à l’école élémentaire Kaoru, à Koriyama, dans la préfecture de Fukushima. Et que le meurtre n’en est pas un. Pas vraiment.

Il n’existe d’ailleurs pas d’enquêteur. Juste un principal. Un homme au visage lisse et bronzé qui porte, en ce jour gris et frisquet, un survêtement peu seyant, des bottes en caoutchouc et des gants. Pas de masque, pas de lunettes. Une pelle, des sacs en plastique qu’il remplit consciencieusement, puis dépose dans une brouette pour enfin les transporter au-delà du périmètre interdit. Un principal qui n’a rien d’un surhomme, mais qui ressemble à s’y méprendre à un héros. Un de ces héros ordinaires que l’on remarque rarement.

Vous ne verrez pas son visage. Non tant par modestie que parce qu’il est hors la loi. Tout commence, en avril, moins d’un mois après le tsunami du 11 mars et surtout les explosions dans la centrale nucléaire de Fukushima. La municipalité de Koriyama prend le gouvernement de Tokyo à contre-pied et affirme que la radioactivité est trop élevée dans la ville. L’ordre est donné de racler la terre sur 3 à 5 centimètres dans les cours de récréation et sur les terrains de jeu d’une quinzaine d’écoles. L’objectif est ensuite de l’enfouir à un mètre de profondeur dans le sol. Adieu la récré, les enfants seront désormais confinés à l’intérieur. Le principal Moriyama, de l’école Kaoru, fut ainsi le premier à s’exécuter. Il faut dire que son école de 592 élèves, de 6 à 12 ans, avait un bien triste record : celui de la radioactivité la plus élevée. La panique n’a pas tardé. Résultat : 10 à 20 % des enfants ont déserté les établissements scolaires de Koriyama. Mais au moins, la municipalité croyait avoir réglé le problème.

Les enfants claquemurés dans l’école Il n’en fut rien, évidemment.

Il suffit de sillonner la ville pour apercevoir, dans bon nombre d’établissements scolaires, un tas de terre recouvert de cette même bâche en plastique bleu. Alors aujourd’hui, le principal, excédé, a franchi le cordon jaune. Cela fait des semaines que le pauvre homme se bat pour que ces déblais contaminés soient évacués. En vain. La municipalité a bien tenté de se débarrasser de cette terre, mais, à chaque fois, elle s’est heurtée à un refus catégorique de la part des propriétaires approchés. Au risque de faire perdre la raison aux parents d’élèves, le principal a donc décidé de continuer à gratter le sol. Mais la manœuvre le gêne. Contourner la loi n’est pas simple. Alors, prudent, et conscient de la mauvaise publicité que peut lui apporter son initiative, il nous cache prestement le compteur Geiger sous un tas de papiers. Des feuilles, plus précisément, avec des traits, des chiffres et surtout une courbe. Celle de la radioactivité depuis la catastrophe nucléaire du 11 mars dernier. Qu’il préfère ne pas communiquer.

Parce que l’invraisemblable s’est produit. Bien qu’extérieur à la zone d’exclusion décidée par le gouvernement japonais après la catastrophe nucléaire, Koriyama, plus de 300.000 habitants, a subi des radiations supérieures à certains endroits de cette zone. Les gens s’étaient sans doute imaginés maintenir le cauchemar à bonne distance. Là-bas, à 60 kilomètres, au bout du monde, croyaient certains. “Si l’on regarde de près les cartes officielles qui indiquent les taux de radioactivité découverts dans la préfecture de Fukushima, ils correspondent à ce que nous avons trouvé, explique Bruno Chareyron, responsable du laboratoire de la Criirad*. Le problème, ce ne sont pas les chiffres, mais l’interprétation de ces chiffres.” Le 26 mai, cet ingénieur en physique nucléaire s’est rendu près de Koriyama, chez un fermier, afin de mesurer le taux de radiation. “À un mètre du sol, c’était très contaminé. On lui a expliqué que s’il travaillait quatre heures par jour pendant un an, il recevrait une dose radioactive jugée aujourd’hui inacceptable. Sans compter que cette radioactivité est due au césium 137, qui a une durée de vie de trente ans.” Les habitants de Koriyama ont de vraies bonnes raisons de s’inquiéter. “Entre l’inhalation et la digestion, ils cumulent les doses, poursuit l’ingénieur. Koriyama est la parfaite expression de la difficulté des gouvernements à gérer un accident post-nucléaire.”

Il y a deux semaines, 300 parents et 50 professeurs de l’école Kaoru ont remonté leurs manches et nettoyé de fond en comble l’école. Parmi eux, Hiroko, 33 ans, et Hisae, 48 ans, des mamans sans histoires. Le nucléaire? «Une réalité bien lointaine. » Aujourd’hui, elles atterrissent. Elles sont droites sur leur chaise en osier dans ce café aux lignes épurées, mais leur peur est palpable. Le jour où la terre a été grattée, les enfants avaient été enfermés dans l’école, rideaux tirés. Ils n’ont entendu que le bruit des hélicoptères que certains médias avaient loués pour filmer la scène. Les enfants ont su mais n’ont rien vu. Depuis, chaque matin et chaque soir, ils ne voient que ça, cet énorme tas de terre dans un coin du terrain.

Leurs mères, elles, ne les lâchent plus. Finies les promenades ! Tout trajet se fait en voiture. Les mains et la gorge sont lavées des dizaines de fois par jour. Les bras ne sont plus jamais nus, la tête est couverte d’une capuche, et le visage est masqué. Hiroko et Hisae, dans leur frayeur absolue de voir leurs enfants contaminés, seraient presque tentées de les empêcher de respirer l’air de l’extérieur. Et elles notent le taux de radioactivité donné par le gouvernement dans un petit carnet. “On nous a menti et on nous a laissé tomber. Jamais une ville de cette ampleur ne sera évacuée. L’ennemi est invisible, incolore, inodore. On n’aurait jamais cru qu’une telle chose arriverait ici, à 60 kilomètres de Fukushima. Mais on a compris que la distance ne voulait plus rien dire. “

Emiko voulait quitter la ville

L’école du quartier de Momomidai à Koriyama, Shogi et Emiko Suzuki, tous deux âgés de 63 ans, ne la regardent désormais que de loin, dans la méfiance et la souffrance. Cela fait vingt-cinq ans qu’ils habitent là et qu’ils vivent au son des cris et des pleurs des élèves, sans jamais vraiment les regarder.

Le 2 mai, il a fallu s’arrêter et poser son regard. Les enfants avaient déserté le terrain.

Par deux fois, le 2 et le 28 mai, le sol a été retourné, entassé dans un coin, et dissimulé aux yeux du monde, sous la sinistre bâche en plastique bleu.

La première fois, Emiko s’est barricadée chez elle, a calfeutré les portes et les fenêtres, persuadée qu’ainsi elle empêcherait la poussière de s’infiltrer dans la maison. Elle a vu les hommes de la ville amener le bulldozer et tout retourner. Comme ça, sans même porter un équipement spécial.

La jolie vieille dame secoue la tête. Cela fait cinquante ans qu’elle est mariée à Shogi, qu’elle a connu à l’école primaire. Jamais ils ne s’étaient vraiment affrontés. Jusqu’au 11 mars. Doucement. “J’ai voulu qu’on évacue la ville, pas pour toujours, juste un peu, mais mon mari n’a pas voulu”, souffle-t-elle gentiment. Ce mari troublé, aux aguets. Ce qui le perturbe le plus, c’est ce mélange surréaliste de silence et de bruit. D’un côté, les enfants privés de voix, de l’autre les oiseaux qui piaillent comme avant. Il scrute le moindre signe de cette radioactivité invisible. Et se rassure presque à la vue des pissenlits qui poussent partout depuis le 11 mars. Sa femme s’accroche à d’autres signes. Ce linge qu’elle ne met plus à sécher à l’extérieur, ces masques que désormais tous les enfants ne quittent jamais, ce journal qu’elle lit et relit, les articles sur le nucléaire qu’elle découpe, ce nucléaire auquel elle n’accordait jamais une pensée avant ce drame. “On trouve normal maintenant, lorsque l’on regarde la météo à la télé, de suivre aussi le taux de radioactivité donné chaque jour.

” Des tournesols : voilà ce que Shogi va planter. Même s’il ne les aime pas trop. “Ils sont réputés absorber les radiations dans la terre.”

Koriyama courbe l’échine. Les traces du tremblement de terre ont été largement effacées.

Les touristes ont déserté la région, et la population s’enfuit chaque week-end.

Devant le gigantesque stade en périphérie de la ville, le parking est envahi par les voitures aux plaques d’immatriculation de Fukushima.

Il reste un millier de réfugiés. Ils ne savent pas.

Ils ont cru échapper au malheur de l’air irradié.

Ils ne savent pas. À quel point les radiations les ont rattrapés.

DOC 2 : Japon : colère et désespoir trois mois après la catastrophe

Samedi 11 juin – Source : Afp via Google – De Gilles CAMPION (AFP)

TOKYO — Trois mois après le séisme et le tsunami géants qui ont provoqué une crise nucléaire majeure au Japon, la colère se mêle au désespoir parmi les dizaines de milliers de survivants encore entassés dans des abris de fortune.

Colère devant la lenteur de la reconstruction dans les zones côtières du Tohoku (nord-est) ravagées cet après-midi du 11 mars par un séisme de magnitude 9 et des vagues énormes qui ont tout détruit sur leur passage, faisant plus de 15.000 morts et quelque 8.000 disparus.

Mais aussi désespoir chez les riverains évacués des environs de la centrale nucléaire de Fukushima, dont les réacteurs endommagés par le tsunami continuent de contaminer l’air et le sol à des dizaines de kilomètres à la ronde, ruinant les chances d’un retour à la normale avant plusieurs années. “Nous avons fui, mais nous vivons toujours dans la crainte des radiations, même ici”, témoigne Tomie Shiga, 59 ans, contrainte d’évacuer un périmètre de sécurité de 20 kilomètres autour de la centrale Fukushima Daiichi (N°1) et réfugiée dans un centre d’accueil de la préfecture. “Je rêve de retourner chez moi, mais on ne sait pas quand ce sera possible. Rien n’a changé depuis l’accident.”

L’opérateur de la centrale, Tokyo Electric Power (Tepco), espère pouvoir parvenir à refroidir les réacteurs d’ici janvier, une étape cruciale sur la voie d’une stabilisation de la plus grave crise nucléaire depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986. Il faudra ensuite de longues années avant de démanteler le site et décontaminer la région.

Plusieurs agriculteurs, qui ont dû fuir précipitamment en laissant derrière eux leur ferme et leurs animaux, ont cédé au désespoir et se sont donné la mort.

Plus au nord, des personnes âgées dont les maisons ont été balayées par le tsunami, ont elles aussi choisi le suicide plutôt que de continuer à vivre dans la solitude et la promiscuité des centres temporaires qui accueillent encore 91.000 personnes.

D’autres retraités ont eux refusé de quitter leur habitation, malgré les dégâts, et survivent sans gaz ni électricité grâce aux repas distribués par les mairies.

Les jeunes générations ne cachent pas leur colère à l’égard du gouvernement, accusé de lenteur dans le déblaiement des 25 millions de tonnes de débris laissés par la mer. “Nous continuons chaque jour à nettoyer, et avec la chaleur, l’odeur des poissons qui pourrissent est insupportable”, explique Toru Suzuki, 41 ans, employé au marché aux poissons d’Otsuchi, dans la préfecture d’Iwate. “Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas pu nous aider à déblayer plus tôt?”, se demande-t-il.

La pêche, une des principales activités de la région, n’a pas encore repris car les embarcations ont été fracassées par le tsunami. Les pêcheurs s’inquiètent aussi des rejets radioactifs en mer, qui ont déjà contaminé certaines espèces.

L’agriculture, autre source de revenus du Tohoku, souffre de la salinité des terres, recouvertes par la mer sur des kilomètres, mais aussi des retombées radioactives. Plusieurs légumes sont déjà interdits à la vente et le thé vert de la préfecture de Shizuoka, l’un des principaux centres de production du Japon, vient à son tour d’être contaminé par la radioactivité de la centrale, située pourtant à 360 kilomètres au nord.

Le coût de cette catastrophe, la plus grave au Japon depuis la Deuxième guerre mondiale, a été estimé à 250 milliards d’euros.

Et pourtant, malgré la tâche immense à laquelle doit faire face le pays, la guerre des chefs a recommencé à Tokyo pour renverser le Premier ministre Naoto Kan, très impopulaire. De quoi encore alimenter la colère des réfugiés. “Nous sommes tellement déçus par les politiciens qui se battent là-bas pour le pouvoir sans aucune considération pour nous”, regrette Mme Shiga.

DOC 3 : Importante réévaluation officielle du désastre environnemental nucléaire de Fukushima Daiichi.

Mardi 7 juin 2011 – Source : Next-up.org – CARTORADIATIONS

http://www.next-up.org/pdf/Importante_reevaluation_officielle_du_desastre_environnemental_nucleaire_de_Fukushima_Daiichi_07_06_2011..pdf

Plus les jours passent, plus les informations et communiqués de presse qui se succèdent se font précis sur l’inexorable aggravation de la situation à la centrale nucléaire de Fukushima.

Plus aucune autorité n’évoque comme il y a quelques semaines des hypothétiques pourcentages de fusion des barres de combustible dans les réacteurs [1] [2] [3] , maintenant l’évidence est qu’elles ont totalement fondu puis coulé au fond des cuves. Personne ne sait exactement l’ampleur des fuites provoquées par ces effondrements suite aux fusions, sans modèle à ce stade qui est une première mondiale, prévoir l’évolution et l’impact des scénarios en cours est très difficile, par contre l’évidence est claire : la situation n’est plus sous contrôle et la feuille de route présentée par TEPCO pour la maitrise des réacteurs est devenue caduque.

Le rôle actuel de TEPCO qui n’est juridiquement et financièrement que l’ombre d’elle-même (en faillite, “sous perfusion”), se résume presque à subir l’évolution de la situation en essayant de contenir tant que faire se peut les divers rejets radioactifs, néanmoins sa marge de manœuvre diminue de jours en jours, pareillement que le déploiement in situ des moyens humains.

L’essentiel de l’ampleur de la catastrophe de Fukushima était cachée jusqu’à présent, mais presque 3 mois après les communiqués qui se succèdent dévoilent que le désastre environnemental avait été totalement minimisé !

Il est toujours possible pour une autorité de cacher la vérité d’une pollution radioactive notamment dans un espace réglementé tel qu’un site nucléaire, mais les particules radioactives ne connaissent pas les frontières. L’Agence sur la Sûreté Nucléaire du Japon vient de révéler le 7 juin 2011 [Japan to DAY] qu’il est nécessaire de . . . doubler la quantité de matières radioactives rejetées dans l’air pendant les premiers jours de la catastrophe de Fukushima Daiichi, d’après l’agence les nouvelles estimations seraient de 770.000 TéraBecquerels.

Les évaluations et la position de l’Agence étaient devenues intenables face aux constatations et aux prochains nouveaux élargissements des ordonnances gouvernementales d’évacuations hors zone des 30 km, [Kyodo News] sic, selon “laquelle les particules radioactives voyagent après avoir été libérées dans l’air non pas de façons concentriques, mais avec des répartitions sujettes aux reliefs et aux conditions atmosphériques “.

De plus l’agence qui doit rendre dans un mois un rapport qui sera soumis à la réunion ministérielle extraordinaire sur la sûreté nucléaire organisée par l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique se devait de se mettre en adéquation avec la réalité des mesures des radiations publiées chaque jour.

Parallèlement une succession de communiqués notamment celui du Pr Masayoshi Yamamoto de l’Université de Kanazawa confirme que du plutonium a été libéré dans l’environnement extérieur au site nucléaire [Japan to Day] ou que la situation du réacteur n°1 devient de plus en plus critique, car il est maintenant impossible de savoir, en l’absence d’appareils de mesures fiables [ATMC - Graphe des valeurs du réacteur n°1] ce qui s’y passe.

Le niveau des radiations y est tel (du jamais vu) que les techniciens ne peuvent pas y séjourner plus de quelques minutes [Japan to Day] ne serait-ce pour y installer des appareils de contrôle.

TEPCO avance comme hypothèse que l’explosion d’hydrogène de l’unité 1 aurait, sic “causé une inversion de flux des vapeurs d’eau destinées a être évacuée par les soupapes et valves de sécurité des cheminées d’échappement (décompression) des gaz radioactifs”.

Perspectives : les 370 réservoirs destinés au stockage d’eau radioactive d’une capacité totale de 40 000 m³ que TEPCO va installer sur le site ne changeront rien à l’évolution négative de la situation environnementale, pareillement que les “gesticulations médiatiques” d’AREVA sur l’activation prochaine de son unité de traitement des effluents radioactifs.

Conclusion : d’après la propagande des nucléocrates les problèmes liés au nucléaire se projetaient au loin dans le temps, malheureusement et cyniquement ce ne seront même pas les générations futures qui seront impactées, mais les générations présentes, sortir du nucléaire le plus vite possible ne doit donc plus être un sujet de discussion, mais de résolutions immédiates de tous les gouvernements à l’image de celui de l’Allemagne.

DOC 4 : Nucléaire : l’heure des comptes au Japon

Mardi 28 Jun 2011 - Source : C4N
http://www.come4news.com/nucleaire-lheure-des-comptes-au-japon-316304

On nous aurait donc menti ? C’est bien sûr ce que découvrent les Japonaises et Japonais après la catastrophe de Fukushima dont les retombées, physiques et économiques, ne vont pas tarder à « impacter » l’Europe. D’une part, Tokyo Electric Power Co. voit ses comptes épluchés, d’autre part les décomptes de contamination sont largement plus inquiétants qu’initialement annoncés.

Et c’est sans compter les dégâts humains immédiats, tels les suicides par exemple.

Je ne vais pas vous submerger de chiffres. Dès qu’il s’agit de milliards, on s’y perd.

Ce qui ressort des récents articles du Japan Times OnLine, c’est que, par exemple, tous les profits de Tepco (Tokyo Electric Power Co) depuis 1970 ne suffiraient pas à couvrir les indemnités – sans doute sous-évaluées, sauf pour les biens très, très bien assurés – à verser aux victimes. 38 ans de profits, et tout cela pour ça.

De plus, une étude gouvernementale (du Conseil pour les ressources naturelles et l’énergie) japonaise de 2004 se voit contredite aujourd’hui par une autre, plus « éclairée ».

Le coût de l’énergie nucléaire par kilowatt/heure avait été minoré et il est en fait légèrement supérieur à celui de sources thermique ou hydraulique. Par unité, c’est peu, par milliards d’unités pendant des années, je vous laisse imaginer.

Les Japonais se suicident et le font ou non parfois savoir. Pas de la manière traditionnelle, ou très peu. Juste comme tout le monde, mais davantage. Le taux est de 25,8 pour 100 000, le plus élevé des nations développées. C’était avant la catastrophe.

Des témoignages épars (dans la presse régionale) laissent penser qu’il sera encore plus élevé en 2011, la détresse économique découlant de la catastrophe nucléaire se doublant d’une détresse physique.

Le niveau d’irradiation est sérieusement préoccupant.

Celui des personnes touchées, de près ou de loin, celui des animaux, mais aussi celui des sols, donc des produits de la terre, de l’alimentation. Et surtout controversé. Les Japonaises et les Japonais procèdent à leurs propres mesures, à ras du sol, et les résultats sont souvent largement supérieurs à ce que les sources gouvernementales communiquent. Évidemment, les relevés individuels posent problème, car ils sont supposés peu fiables. En revanche, les tests urinaires sont peu discutables. Ils ne permettent cependant pas de déterminer quelle quantité de poussières radioactives a pu être inhalée.

La dissémination de la contamination peut prendre du temps : le césium de Fukushima pourrait atteindre la côte ouest nord-américaine dans… cinq ans (Hawaï dans trois ans).

Le lit de l’océan ne sera pas contaminé qu’à proximité des côtes japonaises.

En Australie, des inspections de véhicules importés du Japon ont débuté, après que des niveaux de radiation, assez faibles, aient été détectés au Chili sur certaines automobiles.

DOC 5 : Fukushima : des parents manifestent leur colère

Dimanche 26 juin 2011 - Source : La Tribune de Genève
http://www.tdg.ch/fukushima-parents-manifestent-colere-2011-06-26

Des parents vivant à Fukushima, dans le nord-est du Japon, ont défilé dimanche aux côtés de centaines de manifestants pour exiger que l’on préserve leurs enfants de la radioactivité.

© AFP

Le rassemblement a eu lieu plus de trois mois après le tsunami dévastateur qui a provoqué le terrible accident nucléaire. «Nous voulons que la vie reprenne, nous voulons vivre comme avant le séisme, quand nous étions des familles heureuses», a déclaré Hiroko Sato, qui défilait sous une pluie battante avec ses neveux, âgés de trois et sept ans, sous des banderoles clamant «Non au nucléaire!» et «Un Fukushima, ça suffit!».

Trois réacteurs ont partiellement fondu à la centrale de Fukushima-Daiichi le 11 mars après un puissant séisme suivi d’un tsunami dont les eaux ont envahi la centrale. La catastrophe nucléaire a obligé 80 000 habitants d’un périmètre autour de la centrale à évacuer les lieux, tandis que les techniciens et ingénieurs s’activaient, malgré la radioactivité, pour refroidir les barres de combustible.
« Nous sommes épuisés »

Les parents de la région de Fukushima sentent leur pouvoir de pression accru depuis les grandes manifestations du mois de mai, qui ont conduit le gouvernement japonais à abaisser la limite d’exposition à la radioactivité pour les enfants dans les écoles et à débloquer des fonds pour que ces établissements évacuent le sol superficiel des cours de récréation, fortement irradié. Mais pour les manifestants, les autorités n’en font pas assez. «Ils n’ont même pas encore enlevé le sol superficiel de la majorité des terrains, et n’ont pas aidé au nettoyage des bâtiments scolaires», accuse Akiko Murakami, mère de quatre enfants et bénévole à l’association «Réseau Fukushima pour sauver les enfants de la radioactivité». C’est là l’une des nombreuses organisations citoyennes qui se sont créées dans les environs de la centrale de Fukushima-Daiichi, où de nombreuses zones ont été exposées à 13 milliSieverts voire plus par an, soit 6,5 fois le niveau naturel de la radioactivité.

Selon une étude réalisée par la ville de Fukushima, 182 endroits ont signalé des relevés proches voire au-dessus de la limite officielle d’exposition annuelle à la radioactivité, qui est de 20 milliSieverts par an.

«Nous sommes épuisés. Nous devons faire attention à tout ce que nous mangeons, nous ne consommons que de l’eau en bouteille pour la cuisine, et par-dessus le marché, jour après jour, nous nous demandons s’il ne vaudrait pas mieux, pour des raisons touchant à la santé de nos enfants, partir de Fukushima», confie Noriko Ouchi, mère d’une petite fille de quatre ans.

DOC 6 : Fukushima : la Criirad dénonce des “carences graves” dans la gestion

Mercredi 29 juin 2011 – Source : Le Monde
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/06/29/la-criirad-denonce-des-carences-graves-dans-la-gestion-de-la-catastrophe-nucleaire-au-japon_1542705_3216.html

La Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a dénoncé, mercredi, à Lyon, au retour d’une mission sur place “les carences graves” des autorités japonaises dans la gestion de la catastrophe nucléaire de Fukushima le 11 mars.

“Comment la gestion peut-elle être aussi déplorable, vingt-cinq ans après Tchernobyl ?” s’est interrogé lors d’une conférence de presse Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire et membre de la Commission, qui a mené une campagne de mesures et de prélèvements au Japon courant mai.

D’après lui, “la population n’a pas été évacuée sur un périmètre suffisant”, il n’a pas été distribué de pastilles d’iode rapidement “alors qu’il faut les ingérer trois heures avant l’exposition” et aucun plan de distribution n’existe à ce jour en cas de nouveaux rejets massifs, enfin, on laisse les habitants consommer des aliments contaminés, a-t-il assuré.

“ON FAIT AU JAPON CE QU’ON A FAIT À TCHERNOBYL”

“Bien au-delà de la zone interdite de 20 km autour de la centrale, il y a des doses de radioactivité qui induisent des risques de cancer inacceptables”, a-t-il poursuivi, et “on tolère sur place un taux de risque de cancer vingt fois supérieur à celui communément admis”.

“On constate sur le terrain que les autorités comme les industriels sont dépassés”, a renchéri le scientifique. Selon lui, il faudrait “évacuer ou décontaminer les terrains” sur un périmètre de plusieurs dizaines de kilomètres autour de la centrale.

Roland Desbordes, président de l’organisation, s’inquiète lui “qu’on relève les taux” des radiations admissibles après chaque accident : “Pour des raisons économiques, on fait a au Japon ce qu’on a fait à Tchernobyl, on n’évacue pas” des populations “qui vivent dans des zones très contaminées” car leur indemnisation coûterait trop cher.

DOC 7 : Michèle Rivasi : « aucune protection n’est prise pour les habitants du Japon »
Vendredi 24 juin 2011 – Source : Novethic – propos recueillis par Béatrice Héraudhttp://www.novethic.fr/novethic/ecologie,environnement,pollution,michele_rivasi_aucune_protection_n_est_prise_pour_habitants_japon,134312.jsp

 De retour du Japon, Michèle Rivasi se montre effarée par ce qu’elle a vu sur place. Alors que l’AIEA vient de rendre son rapport final dans lequel elle estime que le Japon a bien géré la crise, la députée européenne EELV affirme au contraire que les populations sont laissées dans l’ignorance la plus complète du danger. Et s’inquiète de voir que les conséquences de Fukushima n’ébranlent pas plus les autorités françaises, qui semblent prêtes à prolonger la vie de la centrale de Fessenheim.

Novethic. Vous êtes de retour d’un voyage au Japon où vous avez pu visiter des zones contaminées par l’accident de la centrale de Fukushima. Qu’est ce qui vous a le plus marqué là-bas ? 
Michèle Rivasi.
 Ce qui m’a marqué c’est que le Japon, qui présente une technologie exemplaire par rapport à l’installation des centrales nucléaires et à leur gestion, n’avait pas préparé de  plan de gestion d’un accident nucléaire. Au tout début, on a vu que les gens avaient été évacués rapidement mais quand, sur place, je les ai interrogés, ils ne savaient rien de la radioactivité. Ils ne savaient pas différencier la radiation et la contamination, ils ne savaient pas que le césium et le radium sont des particules qui vont dans le corps…On ne leur a pas donné de fiches pratico-pratiques pour leur dire d’enlever leurs chaussures quand ils rentrent, qu’il faut se laver régulièrement, mettre un masque quand ils vont dans les zones ultra contaminées ! Ils n’ont aucune protection : les autorités n’ont pas distribué de plaquette d’iodure de potassium… Les personnes évacuées me disaient qu’elles allaient revenir dans 3 ou 4 ans ! C’est d’autant plus difficile pour eux de comprendre les effets de la radioactivité que la nature y est très belle. La Criirad heureusement a passé une quinzaine de jours sur place pour mesurer  la radioactivité et former des gens à l’utilisation de leur matériel, qu’ils ont laissé sur place. A Fukushima city, où il y a le « groupe des 47 » – qui rassemble l’ensemble des préfectures du Japon-, ils font par exemple des mesures sur la contamination des aliments. Dans les fermes des territoires contaminés, certes ils ne vendent pas leurs aliments mais ils consomment leurs produits et donnent le lait aux enfants. Je suis outrée par cette désinformation des autorités.
Novethic. Vous êtes très dure contre les autorités japonaises. Et pourtant, le rapport de l’AIEA sur la catastrophe, dont la version finale a été publiée pendant la conférence ministérielle sur la sécurité nucléaire de Vienne qui se tenait du 20 au 24 juin, estime que les autorités ont eu la  « meilleure gestion possible » de l’accident…

Michèle Rivasi.
 Parlons-en. Sur place, quand il y a eu des réunions publiques, les habitants attendaient que l’AIEA donne des chiffres. Mais elle n’en a pas donné car elle délègue aux autorités nationales la gestion de ces informations. Or, le gouvernement japonais n’a rien laissé filtrer. C’est un gouvernement qui n’a pas tiré les leçons de Tchernobyl, notamment sur la question des cancers. On a instrumentalisé la culture japonaise, une culture de soumission qui pousse les gens à contenir leur émotion : ils s’interdisent d’exprimer leur désarroi publiquement, terrassés par la fatalité. Les autorités en profitent pour imposer une omerta facilitée par l’absence de contre-pouvoirs. J’ai vu une collusion entre le gouvernement, les autorités de sûreté nucléaire qui sont très liées à l’industrie et Tepco qui a « arrosé » les collectivités locales et les médias pour qu’ils ne reprennent que les informations officielles. Cependant, quand nous sommes allés sur place avec le radiomètre et que les gens voyaient exploser la dose de radioactivité, je peux vous dire qu’il y avait une vraie colère en eux. Des femmes me disaient qu’elles étaient effrayées. Les Japonais ne croient plus leur gouvernement ni l’autorité de sûreté et essayent de se débrouiller par leurs propres moyens. C’est presque pire que Tchernobyl, car alors qu’ils sont en demande d’information, ils n’ont rien. Ils sont en train de sacrifier la jeune génération.
Novethic. Que pensez-vous des ambitions proclamées à Vienne sur le renforcement de la sûreté et de la sécurité nucléaire, et de la volonté de l’AIEA de prendre justement plus de pouvoir sur ces questions ?  

Michèle Rivasi.
 Il suffit de se rappeler les bases : l’AIEA est l’agence internationale de l’énergie atomique, qui a été créée pour développer l’énergie nucléaire civile « pour le bien être collectif » ! De plus, même si ses experts procèdent à quelques contrôles, aujourd’hui l’agence n’a pas les statuts pour exiger des normes de sécurité supplémentaires. Or, comme elle souhaite continuer à promouvoir le nucléaire civil dans le monde, elle n’a effectivement pas intérêt à ce que d’autres accidents se reproduisent…Mais de mon côté, je milite davantage pour une nouvelle instance internationale qui soit en dehors de l’AIEA, car vu son comportement à Tchernobyl et Fukushima, je n’ai pas confiance. Il faut peut-être adosser cette future agence à l’ONU. Et aussi développer une instance européenne, car l’Union n’a pas non plus compétence pour exiger des normes de sécurité.
Novethic. En France, même si l’ASN assure qu’elle n’a pas encore pris sa décision, on semble s’orienter vers la prolongation pour 10 ans de la centrale de Fessenheim. Qu’en pensez-vous ?

Michèle Rivasi.
 Pourquoi tant de précipitation ? Pourquoi prendre une décision à partir de rapports basés sur une autre évaluation des risques que celle induite par Fukushima ,et alors que l’on vient juste de boucler les critères des stress tests et que des normes doivent être élaborées pour chaque centrale? Mon sentiment est qu’ils ont peur. Peur que des experts extérieurs viennent contrôler les centrales européennes. Ils ont voulu valider la prolongation de 10 ans avant que les normes des stress tests ne puissent remettre en cause cette décision. Car Fessenheim cumule les risques : au risque sismique s’ajoute la proximité d’une digue où passe le Rhin. Dès les années 90, quand j’y avais fait une expertise, on avait déjà des problèmes de fissures au niveau de la cuve. Nous étions donc déjà réticents à donner 10 ans supplémentaires.

DOC 8 Fukushima : des substances radioactives dans l’urine des enfants
vendredi 1er juillet 2011 – Source : French Cri On line
http://french.cri.cn/781/2011/07/01/302s247295.htm

Une étude menée sur dix enfants vivant dans la ville de Fukushima, à 62 kilomètres du site atomique, a révélé la présence d’une petite quantité de substances radioactives dans leur urine, ont annoncé jeudi une association de citoyens et une ONG française. Tous les échantillons prélevés en mai sur ces enfants âgés de 6 à 16 ans étaient contaminés en césium 134 et césium 137 à des concentrations allant de 0,4 à 1,3 becquerels par litre, a précisé dans un communiqué l’Acro (Association pour le contrôle de la radioactivité de l’Ouest), créée en France à la suite de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en 1986.

DOC 9 A 50 Km de Fukushima alerte radiologique pour la santé des enfants
Mercredi 29 juin 2011 – Source : Il Fatto Quotidiano – Traduction Sergio C
http://www.ilfattoquotidiano.it/2011/06/17/radiazioni-a-50-km-da-fukushima-e-allarme-per-la-salute-dei-bambini/118838/

Saignements du nez, diarrhée, état de faiblesse. Les symptômes manifestés par les enfants inquiètent les médecins : certains les considèrent « inexplicables », d’autres prescrivent des analyses  du sang pour vérifier la baisse de globules blancs, due à l’exposition aux radiations.

Les premiers chiffres concernant les probables effets nocifs sur la santé des enfants exposés aux radiations des matériaux dispersés par  la centrale de Fukushima ont été publiées. Non pas sur Internet, mais sur l’édition papier du 16 juin du quotidien Tokyo Shimbun, lu par environ 1 million de personnes, surtout dans la région de Tokyo et de Kanto.
Le Tokyo Shimbun révèle que de nombreux enfants de Koriyama, une ville d’environ 350 000 habitants située à 50 Km de la centrale nucléaire de di Fukushima Dai-ichi, souffrent  d’un « inexplicable » saignement du nez, d’un état de faiblesse et de diarrhée. Et à l’heure actuelle, les médecins ne sont pas en mesure d’en expliquer la cause. Il écrit que le 12 juin une organisation à but non lucratif appelée “Le pont de Tchernobyl” a ouvert une clinique  à Koriyama. Inquiets pour les effets de l’exposition aux radiations, 50 familles y ont amené en consultation leurs enfants qui présentaient des symptômes de diarrhée, saignement du nez et fatigue. Une femme de 39 ans, mère de deux enfants, qui avait quitté Koriyama depuis le 11 mars pour y revenir à la fin du mois, a dit au médecin que depuis début avril sa fille de 6 ans saigne du nez. Le médecin généraliste a diagnostiqué une allergie au pollen. Son garçon, qui vient d’avoir deux ans, a saigné du nez depuis fin avril et pendant tout le mois de mai. Le pédiatre n’a pas été en mesure d’affirmer avec certitude que cela été lié aux effets des radiations, mais a ordonné des analyses du sang pour contrôler le niveau des globules blancs. 
Les premiers symptômes des maladies provoquées par les effets des radiations sur l’homme sont en effet une diminution des globules blancs, des nausées, des vomissements et des migraines.
La mère a expliqué que presque 10% des écoliers avait quitté l’école de Koriyama. Dans cette ville, c’est à chaque établissement scolaire de décider si laisser ou non les enfants boire le lait de la cantine, produit dans la région. Le lait absorbe en effet une forte concentration de matériaux radioactifs. La mère a dit que dans son école, la décision revenait aux parents, mais qu’elle avait permis à sa fille d’en boire afin qu’elle ne se sente exclue par rapport aux autres enfants. Si généralement les enfants ont tendance à imiter le comportement de leurs camarades, ceci est d’autant plus vrai au Japon, où le sentiment de conformité par rapport au groupe est fortement ancré dans la culture.
Un homme de 40 ans, père d’un bébé de 4 mois était tellement inquiet qu’il ne sortait jamais à l’extérieur avec sa fille, affirmant qu’ils ne savaient pas comment se protéger. Les gens disaient de ne pas faire confiance ni aux médecins qui donnaient des réponses contradictoires ni aux bureaucrates du gouvernement qui après le désastre avaient laissé les habitants de Fukushima sur place pendant plus d’un mois, pour les évacuer seulement une fois que le niveau de radiations avait baissé.
Le Tokyo Shimbun affirme qu’à Koriyama, un détecteur de radioactivité placé à côté d’un petit buisson mesurait 2,33 micro-sieverts par heure. La quantité de radiations diminuait au fur et à mesure que l’on remontait l’appareil. Depuis la mi-mai le niveau moyen des radiations à Koriyama a été de 1,3 micro-sievert, mais en vivant pendant une année entière dans un endroit avec une telle radioactivité, l’exposition cumulative devient bien supérieure et nocive.
De nombreuses familles ont déclaré de ne pas avoir pu quitter la zone polluée par les radiations par manque de moyens financiers. Pourtant le quotidien Japan Today révèle que 150 familles frappées par le désastre de Minami Soma, dans la préfecture de Fukushima, avaient perdu leurs aides sociales, pour avoir touché une compensation de TEPCO, considérée comme un revenu.
TEPCO, la société exploitante de la centrale en avarie de Fukushima Dai-ichi, a annoncé de vouloir couvrir un des bâtiments qui renferment les réacteurs pour arrêter la fuite de gaz, avant de trouver une solution meilleure. Comme, par exemple, une sorte de sarcophage en béton pour enterrer  l’installation, comme celui qui a été construit sur les décombres de la centrale de Tchernobyl, détruite en avril 1986.
En dépit des tests fournis par l’agence gouvernementale américaine Food and Drug Administration, qui a assuré que le poisson et les produits alimentaires emportés du Japon sont « sûrs », une étude présentée au congrès annuel  de l’Institute of Food Technologists révèle que 3 américains sur 4 ne font pas confiance aux produits alimentaires achetés au Japon. Le seul point positif est que l’accident de Fukushima a sensibilisé le monde entier sur les risques liés à la production d’énergie nucléaire et a orienté des pays entier vers la production d’énergies renouvelables. L’inde, par exemple, vient d’annoncer qu’elle investira massivement dans la production d’énergie solaire. En Australie, un sondage conduit auprès de 14 000 personnes révèle que 86% des interviewés demandent que leur pays dépende exclusivement  des énergies renouvelables.

DOC 10 Japon : les enfants de la ville de Fukushima vont être équipés de dosimètres
Mardi 14 juin 2011 – Source : Romandie News
http://www.romandie.com/news/n/_Japon_les_enfants_de_la_ville_de_Fukushima_vont_etre_equipes_de_dosimetres140620110806.asp

TOKYO – La ville de Fukushima (nord-est du Japon) a annoncé mardi qu’elle allait équiper 34.000 enfants de dosimètres à l’automne afin de rassurer les familles inquiètes de la radioactivité venant de la centrale nucléaire accidentée, située à une soixantaine de kilomètres.
La municipalité distribuera les équipements en septembre à tous les enfants âgés de 4 à 15 ans, qu’ils conserveront en permanence sur eux pendant trois mois, a indiqué à l’AFP un responsable du bureau chargé de l’éducation.

Fukushima est située à l’extérieur de la zone d’exclusion de 20 kilomètres de rayon décrétée par les autorités autour de la centrale Fukushima Daiichi (N°1) construite au bord de l’océan Pacifique, mais de nombreux habitants sont inquiets des risques de radiations, a-t-il dit.
« Nous avons procédé à des relevés à des endroits fixes, mais les parents et les citoyens se posent des questions sur l’exposition de chaque individu », a reconnu ce responsable de la ville.
« Nous pensons que la distribution de dosimètres va contribuer à rassurer les familles si les mesures confirment que la santé des enfants n’est pas menacée ».

Il a souligné que le niveau de radioactivité dans la ville se situait en dessous de la limite officielle de risque pour la santé et indiqué que les dosimètres seraient vérifiés une fois par mois pour constater la quantité de radiations accumulées.

Depuis le séisme et le tsunami du 11 mars qui ont gravement endommagé les réacteurs de la centrale de Fukushima, le Japon a relevé le niveau légal d’exposition pour la population, tous âges confondus, de 1 à 20 millisieverts par an, soit la norme adoptée par beaucoup de pays pour les personnes travaillant dans l’industrie nucléaire.
Le groupe écologiste et antinucléaire Greenpeace a appelé la semaine dernière le gouvernement nippon à ordonner l’évacuation des enfants et des femmes enceintes de la ville de Fukushima. Il affirme que les résidents reçoivent entre 10 et 20 millisieverts par an à travers l’atmosphère, sans compter les particules radioactives inhalées ou ingérées par la poussière, l’eau ou la nourriture.

Répondre

Please log in using one of these methods to post your comment:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.