Bancs Publics – lieu d’expérimentations culturelles : ET SI C’ETAIT TOUJOURS COMME ÇA ?

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Je suis venue la première fois aux Bancs Publics pour les Rencontres à l’Echelle en 2008. Je présentais une « performance critique » enchaînant sur une pièce de danse de Haïm Adri. Ce fut là une expérimentation artistique littérale qui se révéla passionnante (les réactions furent passionnées en tout cas et dans les deux sens). J’y suis revenue, également en tant qu’artiste, pour une résidence en fin août début septembre 2011 où je pus apprécier la sensibilité et la discrétion de toute l’équipe à notre disposition autant se faire se peut, et quelques fois en tant que spectatrice. L’habitude que j’ai prise, connaissant bien Marseille, a été d’y venir à pied depuis le centre. Une petite demie-heure suffit pour rejoindre le quartier populaire de Loubon, derrière la Belle de Mai. Un voyage vers l’un de ces quartiers de Marseille où il n’y aucune raison d’aller, sinon le théâtre du Gyptis à cinquante mètres des Bancs Publics. Le Gyptis qui prête volontiers aux Bancs Publics leur grande salle (anciennement un cinéma). Le vendredi après-midi et le mardi soir (c’est une AMAP) c’est loufoque : les Bancs Publics deviennent un marché bio, des producteurs venant vendre leurs aubergines, tomates et salades, etc., à prix modiques. Beaucoup de gens de très divers horizons y passent. C’est un lieu voulu à la croisée de toutes les altérités.

Penser pour l’autre. Julie Kretzchmar, directrice des Bancs Publics – également actrice et metteuse en scène, qui a fondé le lieu avec Guillaume Quiquere -économiste et universitaire -, est elle-même une voyageuse en quête d’altérité. En voyage vers les gens comme vers les pays. Souvent partie en Algérie et en Tunisie et beaucoup en Egypte aussi depuis quelques années, elle est allée récemment aux Comores (entre autres). Chaque fois rencontrant des artistes. La cinquième île des Commores, c’est Marseille, dit-on. Vivre à Marseille c’est aussi vivre auprès de communautés fortement marquées. L’idée des Rencontres à l’échelle  – à échelle humaine donc -, temps fort du lieu, est ainsi d’entre-tisser regard sur là-bas et regard sur ici : Comment faire ressentir comme là-bas est ici, et comment ici a laissé ses traces là-bas, comme aussi ici nous fantasmons là-bas et vice-et-versa. Ce qui redessinent des lignes entre le Nord et le Sud. Comment naît de là le désir de se rencontrer. C’est cela qui se façonne aux Bancs Publics. Discrètement, à l’échelle de l’individu, avec les moyens qui sont possibles dans un lieu à économie réduite (environs 180 000 euros par an).Cinq personnes assistent Julie Kretzschmar pour mener à bien des projets qui parfois sont lourds à organiser, parce qu’ils impliquent des voyages et beaucoup de participants. Estelle Renavant, administratrice (avec un assistant), Benoît Paqueteau à la communication, Olivier Ferap, régisseur général et Pauline Doré chargée d’accueil participent à la vie des Bancs Publics dans des tâches qui dépassent largement leur premier rôle. Enfin Camille Mauplot directeur technique qui est aussi artiste en tant que créateur lumière (dont sur les créations de Julie Kretzschmar). Notamment ils participent à la rédaction d’Esprit de Babel, réalisant des interwiews ou écrivant des textes. Esprit de Babel est une publication des Bancs Publics en lien avec d’autres partenaires. (Sur papier journal, avec des photos couleurs). Il n’y a pas d’esprit de hiérarchie, comme pas non plus d’esprit patronal de la part de Julie Kretzschmar. Nous sommes dans un lieu « doux », sans prétention, mais dont le désir fait toute l’ambition. Ce désir d’être à la croisée de toutes les altérités. Là où ça crisse, là où il y a autant d’attentes que d’angoisse. Un grand poster orne le bar, sur lequel est écrit : « Il y a de plus en plus d’étrangers dans le monde ».

la salle entre deux.

la salle entre deux.

Une pensée du lieu  comme passage. C’est dans l’architecture du lieu que le passage est inscrit : établi en 2004 dans une ancienne salle de boxe du quartier Loubon (proche de la Belle de Mai), après avoir commencé autre part dans le même quartier, il est ouvert sur deux rues : il est un passage. Un lieu à passages. Et c’est bien ainsi que l’a conçu Julie Kretzschmar. Un lieu pour des projets plus que pour des objets artistiques, selon ses mots. Un lieu de résidence artistique. De recherche, où on a le temps. Récemment Frédéric Fisbach y a trouvé abri. Mais un lieu de résidence en ville, et non dans un phalanstère. On ne peut pas y oublier le monde, on y est en plein, voire en plein son désastre dans une des villes les plus pauvres de France. Ce plan en « coude » des Bancs Publics se retrouve dans la disposition des deux salles entre elles (une plus petite avec un plancher dans les tons blancs et l’autre plus grande, toute noire) et sur le plan vertical, puisqu’il y a un bureau et une loge au-dessus d’une partie de la seconde salle. Insensiblement, l’image d’un lieu labyrinthe, où les espaces semblent pouvoir se déplier et s’agrandir, s’impose. C’est un lieu presque matriciel aussi. Propice à la création donc. Avec ce temps fort des Rencontres à l’Echelle où les plus sont plus serrés et les résidences qui jalonnent l’année où les plus sont plus lâches.

Rencontre à échelle humaine. Cette année, je suivis les Rencontres à L’échelle jusqu’à la fin, le 23 novembre. Elles étaient marquées par un regard sur l’Algérie (avec les photos de Maud Grübel et une exposition photographique réunissant deux fonds – l’un des photographe des Aurès dans les années 50 et l’autre d’un photographe arménien installé à Belsunce, quartier historiquement algérien de Marseille, dans les années 60-70. Et par un regard sur les Comores à travers une rencontre avec avec l’auteur contemporain Salim Hatubou et l’anthropologue Damir Ben Ali (d’une génération plus âgée). Rencontre axée sur le passage de l’oralité à l’écrit, articulée au projet Kara’, une épopée comorienne pour Marseille 2013, que Julie Kretzmar mettra en scène et où elle invite une trentaine de danseurs comoriens marseillais. La parution d’Esprit de Babel,  cette fois spécialement consacrée aux Comoriens de Marseille donna lieu à l’affichage du travail photographique (Autant en emporte le vent) de  Soeuf Elbadavi, photographe comorien, invité en résidence en 2010.’est le genre de moment où le temps soudain s’arrête, parce que d’abord les deux personnes invitées ont un autre temps en elles, un temps qui vient d’ailleurs mais qui est aussi pénétré de la traversée d’une histoire difficile. Histoire qu’ils nous racontèrent, l’histoire de la perte des Comores vendues aux Français et l’histoire de leur colonisation. De là, un regard sur le monde plus profond peut-être. Je ne sais pas mais en tout, le temps dans leur parole se déployait plus amplement. Nous pouvions être dedans, il nous était fait une place en tant qu’auditeurs. Peut-être parce qu’ils viennent d’une culture orale où l’art de conter est fondamental. La pensée devint partagée. Salle pleine. Il y a eu des jours des Rencontres où le public fut clairsemé mais, la plupart du temps, les salles étaient pleines. Je retrouvais des amis marseillais et je rencontrais aussi des gens. Une atmosphère particulière, peut-être marseillaise (quelque chose de la chaleur de Montévidéo aussi mais en plus simple), m’y retenait, qui se prolongeait le soir au bar, lieu de discussion et de rencontres et non de consommation. Les plats proposés sont cuisinés sur place par l’équipe.

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Il ressort des ces trois semaines l’impression d’avoir traversé quelque chose de vivant, même dans les moments qui m’auront laissé distante parce que chaque fois domine quelque chose où l’ordre du dire est plus important que celui du faire. L’on dit parfois que la forme, c’est le fond. Oui, bien sûr, mais encore faut-il qu’il y ait du fond. Or c’est possible de ne faire que de la forme quand le dire manque. Distante n’est pas le mot juste de ce que j’éprouvais à l’égard de la lecture de Gallino par son auteur, marseillaise, Sabine Tamisier. Plutôt en résistance  devant cette histoire d’une femme auteur qui raconte l’histoire de son père qu’elle a visiblement aimée et qui le lui a rendu. Même si cet amour ne faisait pas partie de son récit. M’agaçait le récit bien ficelé, la forme justement, mais autant que le fond qui m’est pour moi insupportable (l’amour pour le père, mâtiné d’un attendrissement pour le père pauvre et simple ouvrier, comme dans un chromo). Cependant, je sais que j’ai été touchée parce que Sabine Tamisier jouait toutes les voix, qu’elle entrait dans une étrange transe, rameutant le son perçant du passé mort, son que je connais ô combien.

Actes artistiques. Quelque chose de vivant donc, où s’articulent des projets plutôt en forme de performance ou des projets plustôt naissants. Mais la performance du dernier soir, de Natacha Musléra et Catherine Jauniaux, Anorak, ne ressemblait en rien à Sous la peau, de Camel Mekri et Thierry Bédard (voir mon texte sur ce même blog). Les deux artistes de la voix emmenaient dans un univers fou, de l’autre côté de l’oreille, là où se perçoit la petite musique des discours et des blabla, et là où l’inconscient entend l’Autre cinq sur cinq. Très drôle duo assez écrit de deux artistes de la glotte et de la langue toutes en improvisation, parodiant les mille et une postures de la parole féminine sans rien laisser filtrer du sens sémantique, tout en trahissant ce sensible-là du féminin toujours blessé, toujours à cran,  à vif – qui manque de cette disposition masculine au secret ou à la maîtrise de soi (j’ai dit « disposition » ce qui ne veut pas dire que chaque homme a la joie de l’accomplir…). Quel rapport donc avec Sous la peau  qui est beaucoup plus proche du spectacle sinon chaque fois des artistes qui parle d’un en-deçà des discours, d’une critique, d’une autre parole ? Etoilement de moments divers aussi quand il s’agit d’une performance dans un lieu central de Marseille, le SKYLAB, au marché de Noailles (qui est le marché arabe du centre, à deux pas de la Cannebière et du Vieux-Port, ouvert jusqu’à 20h, tous les jours, poissonniers compris, d’où aussi une densité de la population de rats et une saleté  bordélique des rues tout à fait jouissive). Un musée temporaire autofinancé par quatre artistes ( Mafalda Da Camara, Mélodie Duchêne, Damien Sorrentino et Nicolas Gerber). Le dernier appartement sur trois étages, d’un immeuble. Dont une terrasse à 180° donnant sur tout Marseille. Investi par Nicolas Gerber, Christian Gerber et Christophe Chevalier, performer, cinéastes et plasticiens, l’endroit s’est transformé le temps d’une soirée en une soirée spéciale. Une soirée déambulatoire entre des installations surréalistes traitant du problème d’émirs rêvant de jouer au golf sur des green british, puisqu’il fallait un sujet.

Deux émirs au golf. Installation (Skylab).

Deux émirs au golf. Installation (Skylab).

Avec une jeune inconnue à petites lunettes rondes et noires déformant l’air venant de la terrasse sur son bontempi : l’acte III de la Walkyrie diffusé in extenso pendant que les trois performers organisaient la cuisson du plat de la soirée : l’oeuf sur le plat à la fleur de romarin sur son lit d’algues séchées. Offert à la dégustation avec vue panoramique. Puisque le pouvoir nous dit d’aller nous faire cuire des oeufs et de nous faire foutre… antant le prendre au pied de la lettre. C’était Le bois a trouvé la solution, le tigre sort du bois.

Femme femme. Une présence d’artistes féminines aussi, assez remarquables, tout au long des Rencontres : plus nombreuses que les hommes. Car il y eu aussi Marie Lelardoux au début de son projet Utopia avec Sharmila Naudou et quatre autre actrice (une recherche sur le langage à la suite de laquelle a eu lieu une rencontre avec une psychanalyste et une doctorante). Laurence Garel avec Lilith (voir mon texte sur ce blog) parlant de la féminité justement, Sabine Tamisier, Natacha Muséla et Catherine Jauniaux précitées, et Anne Savelli (venu lire avec Jean-Marc Montera Décor Lafayette) ainsi que Lenaig Le Touze (En fumette ou la forme plastique des nuages). Cette dernière qui vient de l’école du TNB de Rennes présentait sa performance déjà créée et assez étrange, où elle tend des fils manipulant une carte de l’Afrique où elle rêva d’aller. D’où il reste l’image d’une jeune femme prisonnière de mystérieux liens.

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Des femmes, mais aussi, toujours à la croisée de toutes les altérités, des écritures d’Iran (Reza Bahareni), de Mayotte (Alain Kamal Martial) et d’Algérie (Kamel Dhaoud) pour le diptyque mis en espace par Julie Kretzschmar et Thomas Gonzalez (Cicatrices et La préface du nègre) – voir mon texte à ce sujet. Et pour clore les Rencontres, en partenariat avec la Friche de Mai, le très beau If I weren’t an Egyptian…  d’Omar Ghayatt, performer égyptien installé aujourd’hui à Berne qu’on a déjà vu dans Made in paradise de Yan Duyvendhak et Nicole Borgeat (qui est aussi dramaturge sur son projet). Pièce imaginée avant la révolution de la Place Tahir, son amertume se fait plus que jamais douloureuse, aujourd’hui que l’on sait le devenir de l’Egypte qui s’enfonce dans le pire. Comment rêver d’ailleurs, quand il y n’y en a pas, ni ici ni là-bas. Pièce écrite dans un langage de plateau, de plasticien, avec des objets, mais aussi des prises de parole au micro, pour dire la difficulté de prendre la parole quand le regard porté sur soi par l’Occident vous a conduit à vous haïr. Les égyptiens se glorifient d’être égyptiens, dit en substance Omar Ghayatt, mais pour mieux masquer à quel point ils se sentent fourbes, voleurs, paresseux, ainsi (ce n’est pas dit mais cela s’entend) que le disent et l’ont dit les autres. Travail sur l’image pour évoquer la déformation de l’image de soi, sous le coup de la contamination colonialiste. Le consul égyptien et des représentants de l’ambassade y assistèrent et apprécièrent, à la surprise d’Omar Ghayatt.

Les rencontres se sont terminées bien évidemment sur une fête où l’on dansa et but.

La fête.

A Marseille. De cet ensemble, étoilé et à géométrie variable, qui se déployait dans l’ensemble de la ville, et où aucune forme n’a le format d’une autre, reste l’impression d’un espace critique créé et qui passe en chacun, comme un ferment de pensée tous azimuts. Pensée de l’ailleurs, ici et là-bas, féminité de la pensée presque. La femme, comme disait Deleuze, est une identité qui est toujours à venir, à inventer. Peut-être les identités non occidentales mais dévastées par l’Occident sont-elles aussi dans cette modernité-là ? Avoir réentendu la parole de Franz Fanon dans Sous la peau, m’y fit penser. Les Rencontres à l’Echelle, c’est, à Marseille, après le temps fort que représente Montévidéo (mais un temps aussi plus institué, plus observé) l’irruption d’un temps libre. C’est surtout un moment où les gens qui viennent regarder et écouter sont plus de plain-pied avec ce qui se passe sur la scène comme avec les artistes (il y a d’ailleurs plusieurs performances qui n’étaient pas dans un dispositif frontal) qu’ailleurs. La structure des Bancs Publics n’étant pas lourde, elle ne s’interpose qu’assez peu entre les choses et les gens. Elle accueille, elle organise le passage et les articulations, les circulations dans l’espace comme entre les pièces (leurs résonances, leurs échos). La plupart du temps, les lieux font un travail qui revient à isoler chaque travail d’artiste et comme à le faire prendre dans sa propre masse, fabriquant ainsi de l’objet. Ici, les frontières restent poreuses et le rituel « théâtral » réduit à un déchirement du ticket à l’entrée de la salle. On voit aussi des artistes qui ont présenté quelque chose suivre les Rencontres et regarder les autres artistes, participer aux discussions informelles sur les pièces, au bar.

Extension – ce qu’un lieu peut préfigurer en matière de culture (lieu d’expérimentations culturelles, est son second petit nom, pas pour rien). J’ai un rêve : qu’un jour, dans toutes les villes, petites, grandes et moyennes, dans les campagnes, il y ait des lieux à échelle humaine qui vivent ainsi. Alors, la pratique culturelle serait articulée à la création artistique, et cela vivifierait le lien. Cette époque sinistre a cependant oublié que ce dont un humain a soif, une fois sa faim satisfaite, c’est de symbolique. Mais le capital a tout fait pour substituer d’autres frustrations matérielles, une la faim apaisée, en dépossédant chacun de rapport de son rapport monde, via ses objets usuels, lui proposant toujours plus de nouveaux objets gadgets remplaçant les anciens, qui lui font chercher d’autres existences qu’il n’aura jamais à travers leur acquisition. Des objets qui souvent bouleversent le rapport au temps en jouant sur la tentation du temps réel. Brisant les distances nécessaires pour construire un imaginaire de l’autre qui puisse soutendre une parole adressée. Or c’est par la pensée (et l’imaginaire) que l’humain peut se vivre en tant que tel. La pensée qui pense l’altérité et qui rend possible la circulation de ces choses invisibles qui passent par les liens aux autres. Circulation qui transforme la perception du temps en un temps incalculable. Comme lorsqu’on écoute dans une salle quelque chose qui nous retient et nous fait nous oublier.  Mais pour que ce rêve se réalise, il faudrait beaucoup d’initiatives et aussi que la puissance publique renonce à dispenser sa subvention dans le fonctionnement de lieux à grande jauge, pour la redistribuer sur les lieux à la croisée des résidences de créations et des publics.

Les Bancs Publics sont ce type de lieu qui invite chacun à sa propre subjectivité. A se rapprocher de son « je » le plus intime qui est en même temps celui qui le relie à son sens politique. C’est sensiblement que l’esprit de révolte vous vient. La révolte n’est pas loin de la colère. C’est touché par un état du monde que quelque chose de soi s’insurge et dit, Non, mais surtout trouve la force d’agir, de construire d’autres formes d’activités pour prolonger l’impulsion reçue et créer un nouveau point de croisement des altérités. Il y a bien sûr des révoltes de mauvaise foi, qui s’autorisent d’un sentiment moral heurté, et celles-là n’induisent pas de mouvement. Mais la vraie puissance à s’insurger et à agir, c’est-à-dire à trouver les forces et l’imaginaire de ne pas céder à l’épouvantable et contaminante logique du marché, c’est dans le sensible mis à nu qu’elle prend sa source. Autrement dit, dans un rapport à ce sensible qui s’appelle l’intimité avec soi (ou conscience de ses sensations, conscience qui appelle immédiatement à les penser, donc à une démarche critique tous azimuts). Et c’est ce rapport-là qui donne le sens de l’acte collectif, comme de l’acte commun. De l’acte d’organisation comme de l’acte artistique. L’acte d’organisation collectif où chacun apporte sa pierre, peu importe cette pierre – peu importe que ce soit d’être spectateur, membre de l’équipe ou artiste. (Un collectif n’est pas une SARL où les actionnaires comptabilisent le poids de leur pierre-apport pour en retirer les dividendes correspondant).  C’est cette logique-là que déploient Les Bancs publics.

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