Chers Insoumis,

Je vous écris d’Athènes. Athènes, c’est important. Je me suis installée à Athènes en décembre 2014. C’est important parce que les raisons de cette installation étaient politiques. A Athènes, l’atmosphère entre 2012 et 2015 était très politique et très enthousiasmante pour quelqu’un de gauche. Je suis de gauche. Alors qu’en France, cela pataugeait sec dans le burkini et puis après le terrorisme, à Athènes et donc en Grèce, on sentait le vent d’un soulèvement et cela parce qu’on sentait très bien que le danger n’était pas national mais eurocratique. Là je rencontrais une sensation d’être dans un réel, quand en France tout se perdait en débats secondaires, car aveugles dirais-je à la réalité historique en train de prendre corps.

C’était clair. J’ai donc suivi les développements de ce soulèvement politique populaire grec, contre tous les médias, contre toutes les voix internationales notamment françaises s’immisçant dans le débat grec. Tous les développements jusqu’à l’échec de Tsipras et je préfère parler d’échec que de trahison. Parce que la trahison n’est que l’effet d’un échec politique, d’un échec complet dans l’analyse politique de la situation soit que l’UE ne pouvait pas et ne pourrait jamais convenir à l’esprit de gauche qu’on la repeigne en rouge ou en rose.

C’est sous cet éclairage que j’ai commencé en 2012 à m’intéresser à Jean-Luc Mélenchon, à le lire, à l’écouter, à observer ses prises de position. L’un des seuls si ce n’est le seul à avoir aussi observé ce qui se passait en Grèce. J’ai voté pour lui sans hésiter au premier tour et j’ai refusé de voter au second tour. Je m’en suis expliqué dans un texte (précédent celui-ci sur ce blog « Course contre la montre »).

C’est encore sous cet éclairage que j’ai vu venir Macron ou disons le coup d’Etat Macron, qui n’est que la manoeuvre d’une nébuleuse dont la structure s’appelle Union Européenne. En deux mots, cette nébuleuse a très bien compris que l’effet mécanique, objectif, systématique de l’application de ses plans par des pouvoirs prétendument socialistes était l’effondrement des partis systémiques en particulier des socialistes sous les 10% et la percée d’une autre gauche et donc en France la prévisible percée de la France Insoumise emmenée par un leader charismatique. Enfin non, Jean-Luc Mélenchon n’a rien de charismatique en soi, ce qui lui donne son charisme c’est qu’il a bien analysé la situation et qu’il s’appuie sur une pensée profondément renouvelée, c’est sa pensée qui est forte, sa pensée reprise depuis la source de l’idée de gauche. Idée qui vient bien de la Révolution française et a essaimé dans les mouvements de libération nationale dans toute l’Europe… jusqu’en Grèce et dans les Balkans. Donc de revenir à la source, voilà qui est la modernité même. En face, il a été très bien compris le danger d’une contre-attaque populaire contre l’installation progressive d’un régime pan-européen autoritaire, ultra-libéral dont la cible est moins de faire encore plus de fric que d’éliminer toute possibilité de résistance ou même de remise en cause d’un projet que je dirais proche de celui d’une secte, un projet idéologique complet, aussi étriqué soit-il dans sa vision du monde, voire totalement réducteur.

Pourquoi cette lettre ? Parce qu’il me semble que la prise de conscience de la situation même parmi les plus Insoumis est encore très vague. Ce qui amène à une dispersion dans le combat. Ou à une parole moins audible. Pourquoi au premier tour, la FI a-t-elle fait cette percée remarquable ? Parce qu’elle a porté dans le débat politique à elle seule la critique de l’UE. Mais par le même temps, il me semble que les fameuses 620 000 voix qui lui ont manqué tiennent à la timidité de cette critique, avec ce slogan absurde pour qui réfléchit deux minutes : « L’UE on la change et on la quitte ». Pire, cette absurdité sentait à plein nez le compromis politique à l’intérieur de la FI entre ceux qui reprendraient bien un rail de coke eurocratique et ceux qui se sont désintoxiqués. Et ce compromis était en soi en contradiction avec le discours porté par Jean-Luc Mélenchon de renouvellement de la pratique politique, à partir d’une clarté des positions prises. Réfléchissons deux minutes : l’UE peut-elle être changée par un parti à gauche ? C’était la position de Tsipras qui nous a tous sidérés ici. Comme s’il n’avait pas vu ce que nous, on voyait pendant la partie des négociations entre janvier 2015 et l’écrabouillement du OXI juillet suivant. Ce que nous, on voyait, c’était qu’il était la souris d’un gros chat. Il arrivait avec ses idées plein la bouche devant un petit personnel eurocratique qui a pour marque de fabrique le cynisme. Ce qui a perdu Tsipras, ce n’est pas qu’il n’avait aucune chance, c’est qu’il n’avait pas de pensée mais des idées. Sauver l’Europe, démocratiser, plus de justice, plus de logique pour la prospérité générale, blabla, comme si cela pouvait regarder cette nébuleuse – sinon ça se saurait, non ? Quand on allait sur le site de la FI et qu’on cliquait sur « Plan B », la page était vide. Je veux bien que dans une telle perspective on taise son plan, ce serait même la moindre des choses, mais on peut annoncer, poser le cadre, faire un peu de pédagogie. En vérité, autour de Jean-Luc Mélenchon, on le sait, il n’y a pas de réelle volonté de sortir de l’UE et d’en penser les conséquences au plan national, européen et international. Il y a encore une vague illusion qu’on se dépatouillera de ce machin, que la seule menace que la France notre grand et beau pays ose dire « on risque de partir si vous êtes méchants » va marcher. Puéril, inefficace, faute de penser la nature de ce qui se joue, soit une guerre, ni plus ni moins une guerre.

On en a pourtant le parfum en France, avec les arrestations de militants dans le cadre de la loi travail et maintenant avec la normalisation de l’état d’urgence qui va rendre la lutte à la rentrée très, très dure. Je peux vous garantir que le pouvoir sait très bien à quoi s’attendre et que sa réponse sera à la hauteur de ce savoir – en revanche, je n’ai pas le sentiment que du côté de la FI on ait bien compris ce qu’on a compris que nous représentions. A ce sujet, j’ai apprécié les joutes oratoires de notre équipe parlementaire, son talent comme sa tenacité mais je n’ai pas bien entendu la ligne anti-eurocratique. J’ai entendu que c’était mal de détruire un siècle de luttes sociales mais je n’ai pas très bien entendu d’où venait cette attaque, et dans quel cadre eurocratique elle s’effectuait.

Je vais plus loin : l’abstention aux législatives a nui a la FI mais il s’est trouvé aucune voix pour analyser cela de façon un peu plus originale que c’est les électeurs qui ne croient plus à la Veme République, qui ne comprennent pas ou plus à quoi sert le Parlement, et puis si les présidentielles peuvent faire coaguler des voix autour de notre tribun, les législatives à l’inverse dessoudent les rangs. Pour moi, ce n’est pas ça qui s’est joué. Ce qui s’est joué, c’est qu’on n’a plus rien entendu sur l’UE. On a vu des petits combattants le livret de l’Avenir en commun à la main, clamant « nous, on a un programme, non aux ordonnances contre le droit du travail ». C’était faible pour mobiliser. D’ailleurs, si la ligne avait été plus tranchée, plus tranchante concernant l’UE, on aurait eu peut-être élevé le niveau du débat concernant l’union de la gauche, on aurait rendu net que cette union n’était possible qu’à partir de ce clivage. A droite ceux qui rêvent d’UE, à gauche les autres qui ne rêvent plus. Et les socialistes ou les communistes nous accusant de détruire la gauche en auraient été pour leurs frais.

Pour moi, la séquence politique du printemps 2017 équivaut à la séquence grecque du printemps 2012, soit un échec politique de très peu, suivi d’une montée en puissance de SYRIZA et d’une victoire. Mais à quoi bon ?

L’atmosphère a bien changé ici. L’échec intellectuel de Tsipras, a signé la démoralisation politique de tout un pays. Un mot sur ce pitre de Varoufakis, qui se rêve en Batman européen, avec son DiEM 25 qui fait ses petites réunions à l’hôtel Miranda d’Egine où il a sa jolie villa et où surtout s’élabora la stratégie SYRIZA – la plupart de ses cadres s’y étant réuni à tel point que le premier gouvernement avait été surnommé le « gouvernement d’Egine ». Donc Batman a une idée merveilleuse, qui est de démocratiser l’UE. Pas loin d’ailleurs du baratin que Hamon a vendu à une partie des électeurs socialistes qui se croient encore de gauche mais qui à l’idée de réaliser que l’UE est un cauchemar poussent des cris d’enfant à qui on arrache leur joujou. Bien, mais alors si j’admettais quand même que par un miracle politique cette structure toute entière créée pour détruire nos démocraties à terme (qu’on se reporte à 30 bonnes raisons de quitter l’EU d’Olivier Delorme, excellent historien de toute cette histoire) soudain fasse satori et se convertisse en…. en quoi ? Avec un parlement qui vote des lois et un gouvernement supranational, sur le modèle américain pendant qu’on y est ! Avec une armée évidemment (tiens, vous avez remarqué ce que Macron fait actuellement avec l’armée et son chef d’état major, qui il a réussi à évincer pour placer qui d’autre qu’un fiéffé sectataire de l’UE et de l’Otan…). J’espère que vous avez remarqué que c’était un des points majeur de Hamon, une armée européenne ! Enfin bref, en admettant que cette belle machinerie s’organise et se mette à fonctionner, on va se trouver bien à prendre des cars et des trains pour manifester à Strasbourg, Bruxelles, Berlin ou Hambourg ? Pour s’adresser à qui, à quoi ? Et pour reprendre son train ou son car vers ses pénates ? Quand on est de gauche, on se souvient de ce qu’est un empire. Un empire c’est un ensemble où le pouvoir est très loin des administrés, il devient nébuleux, insaisissable, il n’a plus de visage, vous n’avez plus de contradicteurs ni d’interlocuteurs, vous êtes juste le sujet d’une machine bureaucratique. Et je peux vous assurer que l’ère technologique est tout à fait appropriée à ce genre de machine. Donc non, le pire même à venir serait une démocratisation de mascarade qui nous rendrait encore plus impuissants qu’on ne l’est aujourd’hui.

Pourquoi ce ton énergique dans cette lettre ? Parce que de voir les choses telles que je les vois, je sors de l’anesthésie, je n’entends plus rien à ces prêchi-prêcha sur le repli national, pire que le fait d’être contre l’UE rende suspect d’idées d’extrême-droite – alors qu’on voit très bien que les deux régimes d’extrême-droite avérés en UE, en Hongrie et en Pologne, peuvent tranquillement détricoter ce qui avait de démocratique, et appliquer leurs infâmes vues de l’esprit anti-avortement ou anti-migrants sans que ça ne dérange nulle part. Ce qui dérange, c’est la victoire d’un OXI en Grèce ou celle possible d’une France Insoumise bien déterminée à arracher ses masques à l’UE. Combien serions-nous plus forts de dénoncer comme l’extrême-droite n’est que l’homme de main de l’UE ! Et de dire que l’UE est elle-même de fait d’extrême-droite. Ultra-libérale, xénophobe, oligarchique, anti-syndicaliste, a-politique, pan-européenne (une vieille idée du type Occident ou Nazisme) elle a pas mal de caractéristiques en ce sens… Et Macron de surfer sur l’antiparlementarisme à l’aise Blaise. Je laisse de côté ses subites amitiés avec des chefs d’Etat clairement d’extrême-droite. Je n’irais pas non plus reprendre mon argument boute-feux d’entre les deux tours que je n’ai osé alors qu’en privé, soit qu’entre l’un et l’une c’était les mêmes idées, les mêmes méthodes, simplement l’un était propre sur lui, et l’une faisait mal élevée. Oui, il n’y avait pour moi aucune contradictions politiques entre ces deux faces d’une même pièce d’euro, aucune chance même que les guignols célébrant Jeanne d’Arc fassent mal à l’UE. Dans tous les cas, la lutte à venir pour nous serait terrible.

Mais je reviens à mon fil, à Athènes, à la démoralisation politique très grave des Grecs, pourtant hyper politisés. Ici, il n’y a tout simplement plus de force politique alternative. Pourquoi ? Parce que même les plus durs à cuire comme moi ne peuvent s’empêcher de penser que le petit parti de gauche reconstitué ici, Unité populaire, puisse relever le pays du désastre, maintenant que les forces sont à bout, que chacun est dans une survie sans horizon et on se demande bien comment on pourrait chasser les cafards de la troïka, renationaliser, relancer la petite économie, par quel bout prendre tout ça, et d’ailleurs ce petit parti reconstitué est vite retourné au baratin marxiste qui n’a aucune chance d’être entendu nulle part, c’est désolant peut-être mais c’est un fait. Autrement dit, Tsipras a coulé le peu de pensée qu’il faisait illusion de porter, soit celle de représenter le mandat populaire dans une modernité de l’idée de gauche – celui qui rédigeait ses discours a d’ailleurs démissionné en août 2015.

Je ne crois plus possible aujourd’hui la stratégie politique mi-figue mi-raisin concernant l’UE. Si tant est qu’elle gagnait dans l’opinion, il faut penser l’après. L’après d’un échec d’un gouvernement de type France Insoumise. Un tel échec cela voudrait dire des décennies la tête dans le tonneau de l’UE, donc une désagrégation du politique plus ou moins définitive, bref la boîte de Pandore ouverte à l’air libre. Nous n’avons pas le droit d’échouer, ce qui veut dire que nous n’avons pas le droit de nous défiler devant les problèmes difficiles, en se racontant qu’on verra plus tard. Pas une minute à perdre. Courage, courage. Il faut lire les ouvrages critiques parus à gauche sur l’UE, il faut penser la suite en terme de coopérations avec d’autres pays eux-mêmes piégés dans l’UE. Le discours de Marseille posait de premiers cadres intéressants, mais il faut aller plus loin. Il faut bien réfléchir que la décomposition de l’UE, la sortie de l’UE, ne signifie pas un retour à quelque état antérieur. Les choses qui ont été posées dans ce cadre et qui ont été plutôt bien, même si marginales, ces choses genre Erasmus dont on se repaît en se disant « non mais sans ça que serions-nous devenus ? ». Ah bon ? C’était impossible à concevoir sans euro ? Sans Bruxelles ? Pareil pour la libre circulation des personnes. A-t-on besoin d’un passeport pour aller en Suisse ? Bref ces choses n’ont aucune raison de disparaître, sinon des volontés politiques.

Pour finir cette lettre énergique, parlons culture. Un secteur que je connais bien puisque j’en suis. Beaucoup d’artistes ont milité pour la FI, ont voté pour elle, mais beaucoup d’autres et bien trop sont restés socialistes et en particulier pro-européens et certains même ont viré macronistes. Ceux-là qui ont voté au second tour en jouant au train fantôme, les castors, maintenant ils sont à la niche. Enfin presque, puisque là on est en train de les humilier. La directrice de la création artistique qui est la vraie ministre et qui était déjà là sous Hollande (l’autre, l’éditrice, ce n’est qu’une hôtesse d’accueil) vient d’annoncer que la culture publique ne la faisait pas rêver, et d’ailleurs, maintenant chaque billet vendu dans le public verrait un euro reverser aux théâtres privés qui sont en faillite et à 95% situés à Paris. Plus quelques mots cinglants contre ces artistes élitistes, etc., on connaît la chanson de ces bureaucrates qui ne vont jamais au théâtre ou si peu et encore à reculons, bref qui ignorent totalement la biodiversité, la faune et la flore qui a poussé dans les serres de la culture publique. Oh certes, j’ai des critiques, je ne suis pas là à officier, cette culture publique a nombre de conneries à son actif – faute de pensée, d’avoir pensé que depuis 1989, le politique n’était plus configuré entre utopie communiste et capitalisme mais entre refonte de la pensée de ce qu’est et fait « peuple », et l’ultralibéralisme d’extrême-droite pan-européen qui veut nous nettoyer de nos éléments peuples. Excusez du peu. Bref, dans la revue de presse hebdomadaire de Jean-Luc Mélenchon, la dernière en date, il n’a été question que ce pauvre chef d’état major et à aucune moment de ce qui se joue dans la culture. Il se joue rien de moins que la dissolution du ministère de la culture, que la dissolution de la culture publique (au fait, sur le chèque culturel de Macron, on pourrait peut-être aussi dire que cet argent à dépenser comme bon le voudront nos jeunes va abonder prioritairement les caisses d’entreprises purement commerciales). Et derrière ça, comme Bruno Tackels, critique de théâtre qui a eu en charge une mission au ministère de la culture pour penser des instruments de soutien à la création artistique, avant d’avoir été remercié dès cette nouvelle directrice en poste, comme donc il le dit dans une chronique, il y a une simple haine de la pensée, de la création, j’ajouterais de l’artisanat de la création qui est de nature populaire, ouvrière, haine de la pensée qui colle bien avec le substrat d’extrême-droite qui fait le projet eurocratique. Comme ça, on entend aussi peut-être mieux ce que Castaner porte-parole du gouvernement a trouvé pour insulter un général qui avait eu le front de suggérer que ce gouvernement n’était qu’un pool lobbyiste sous-entendus les liens entre Areva et le premier ministre qui justifiaient les milliards engouffrés chez l’ami nucléaire envers toute austérité : « poète revendicatif » – pas « vindicatif » mais « revendicatif », entendez vous tous avec vos revendications, vous n’êtes que des poètes, de doux rêveurs, vous n’avez pas encore bien compris ce qu’on va vous faire ». Il y aurait beaucoup à dire là mais ma lettre est longue et la culture dans l’UE n’en est pas l’objet.

L’objet c’est de mettre en perspective la stratégie déployée contre ce que nous représentons et donc déjà aussi ce que nous représentons. Pas de malentendu : chez moi « populaire » ne veut pas dire « classes populaires » mais quelque chose qui peut traverser n’importe qui, même les artisto de Proust quand ils s’amusent à se donner des petits noms d’oiseaux ou qu’ils baisent comme des cochons. Evidemment, chez les classes populaires, cet élément est à son aise, mais pas toujours. On a aussi les petits-bourgeois à peine sortis du SMIC qui rêvent de parler anglais avec l’accent british ou de porter des marques Pouette-Pouette sinon qu’ils ne portent déjà des contre-façons. Il ne faut pas perdre cela de vue, c’est aussi ce qui fait la ligne de crête entre ceux qui ne peuvent pas supporter le cadre eurocratique et ceux qui trouvent que quand même, l’UE c’est classe, c’est chic, un peu comme un beau TGV. Bon, les choses ne sont pas si binaires, on a d’ailleurs beaucoup de bi-polaires en ce moment, une vraie épidémie.

Pour moi qui vis en Grèce et qui ne peux me rendre à la convention de Marseille, voici donc ma contribution au débat. La seule possibilité pour la gauche de gagner véritablement politiquement, c’est de préparer la dissolution de la zone euro et du cadre eurocratique, de pair avec la récupération de notre souveraineté. C’est dans cette perspective joyeuse que l’on pourra placer les différentes pièces de notre pensée – la transition écologique, la place de la culture publique, le repeuplement du territoire, l’accueil des réfugiés, la reconfiguration économique autour des petites industries et de l’artisanat, une politique internationale cohérente avec les souverainetés populaires, et la responsabilité historique d’avoir déclenché la fin du cauchemar eurocratique sans non plus avoir fait gober des lendemains qui chantent.

Insoumission vôtre.

Athènes, 24 juillet 2017, Mari-Mai Corbel.

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